Archive de Tag | "Paulo Darzé Galeria de Arte"

Tags: , , , , , ,

Gilvan Nunes, entrelacs d’un grand soleil diffus

Publié le 02 octobre 2012 par bahiaflaneur

gilvannunes1Ses toiles ne sont pourtant signées. Mais ses couleurs sont généreuses et impaires. La matière organique créée, par Gilvan Nunes, semble transpirer de toutes les pores et s’enfuir par les bords des encadrements. Elle sue tantôt vermeillon, tantôt vertement, mais toujours en parcourant d’étroits chemins, ces nervures, qui mènent vers tous les au-delà illimités de l’imaginaire propre à chacun des spectateurs. Les lignes de fuite n’existent pas. Toutes les figures semblent pressées de parcourir nuits et jours, comme des rhizomes illuminés et irradiés de denses et jamais fades colorations.
Fleurs ou chiens, cirques ou carnavals, les grandes toiles n’agissent pas avec parcimonie. Elles explosent, elles laissent suinter tels cocons ou telle méduse, et le devenir de chacun des onze grands tableaux montrés dans la galerie de Paulo Darzé, est un devenir en mouvement pour notre regard. Ou des formes en suspens, comme flottantes, souvent ovales ou rondes, laissent transpirer un certain septicisme face au monde, pendant que d’autres chemins multicolores se croisent, se dressent comme des obstacles qu’il nous faut contourner pour reprendre la voie inhérente à toute véritable création et à tout chemin personnel singulier.
Les tableaux de Gilvan Nunes interrogent ainsi tout cambrement pictural, le nient franchement et affirment que l’entrelacs mène vers les soleils, qui dans leurs vicissitudes à première vue solitaires, imbriquent le nous dans le je.

——–

Du 27 septembre 2012 au 27 octobre 2012. Paulo Darzé Galeria de Arte.
Catalogue édité par la Paulo Darzé Galeria de Arte, avec préface du critique Marcus de Lontra Costa.

Le 27 septembre, Gilvan Nunes (à gauche), pendant le vernissage à La Paulo Darzé Galeria de Arte

Le 27 septembre, Gilvan Nunes (à gauche), pendant le vernissage à la Paulo Darzé Galeria de Arte

Commentaire (0)

Tags: , , , , , , , , , , , , , , ,

2011: PALMARÈS ARTISTIQUE ; une année pas folichonne

Publié le 31 décembre 2011 par bahiaflaneur

Ainsi, l’année qui s’achève, et qui aura vu l’arrivée au secrétariat d’Etat à la culture d’un nouveau fonctionnaire, universitaire retraité et encarté au Partido dos Trabalhadores, a prouvé, encore une fois, l’indifférence de ce parti pour la Culture. L’arbre de trois millions et demie de reais destinés à 216 artistes pour 2012, n’existe que pour soulager les “desafetos” de la gestion précédente, et favoriser grassement les “amis et protégés” du nouvel entrant*, qui occupent désormais la forêt des “chaises musicales” dans le bâtiment du Palacio Rio Branco. Pas la moindre pérennisation de fonds pour la culture à l’horizon, à moyen terme.
Le théâtre, presque à la dérive, a surnagé grâçe à quelques sponsors privés ou des fonds fédéraux, avec deux pièces formidables, Fim de partida et Sargento Getulio. À cela, se sont ajoutés deux festivals internationaux de théâtre, sur fonds publics et assez créatifs, dont l’un organisé par un cubain, nouveau résident à Bahia. Derrière, une forêt silencieuse* .
Littérature ? Héroïquement, une petite maison privée, P55, aura produit quelques dizaines de beaux petits ouvrages de photographies, de poésie et de contes, à prix modique. À ses côtés, seuls les quelques 100  (!!) livres édités par l’Université fédérale de Bahia - avec des fonds venus de Brasilia -  auront permis à Bahia d’exister dans la vitrine livresque nationale. De plus, la denière librairie du centre-ville a fermé, et l’exode vers les lointains shoppings centers est désormais obligatoire pour celui qui veut prendre en main un livre. Seuls restent dorénavant deux petites librairies d’art, enchassées dans une galerie privée (Paulo Darzé) et dans un complexe de cinémas, pour satisfaire notre réflexion.
Trois longs métrages bahianais ont été distribués nationalement et ont connu un relatif succès critique. Mais l’Etat de Bahia n’a toujours pas de politique spécifique pour le septième art. Et la distribution nationale est sous les fourches caudines de Hollywood et de l’Amérique, dans ce qu’elle a de plus “blockbuster”. La foi de quelques dizaines de “curta-metragistas” permet au bloc bahianais de se maintenir, pourtant, bien présent nationalement.
Arts plastiques ? Une nouvelle direction des musées nommée. Et invisible. À côté de cela, un Musée d’Art moderne, emblême de Bahia, “plâtré” et sans budget. Les arts plastiques - hormis la splendide exposition de Sante Scaldaferri, l’un des derniers géants bahianais - nous semblent donc au plus bas, seulement représentés fièrement par la galerie privée Paulo Darzé. Elle aura présenté en 2011 une petite dizaine d’expositions, avec, à chaque fois un catalogue luxueux imprimé. Et aura définitivement scellé, avec des artistes renommés comme Nelson Leirner, voire Leda Catunda, son entrée dans la cour des grandes galeries brésiliennes.
Parabéns, Paulo Darzé !

* Nouvel arrivant, que tout soteropolitano de bonne foi n’a JAMAIS vu, entre 2003 et 2011, spectateur de la moindre pièce de théâtre, pas plus que du moindre spectacle musical, sans même parler de quelque exposition d’un plasticien… Une vergogne !

santescaldaferripalacete2011

une oeuvre de Sante Scaldaferri exposée actuellement à Salvador

BAHIA : LE MEILLEUR DE 2011
établi par le jury de Bahia Flâneur

L’actrice
aucune
L’acteur
Gideon Rosa, dans la pièce de théâtre Fim de partida, de Samuel Beckett, mise en scène par Ewald Hackler

Le concert
Orkestra Rumpillez, au Teatro Castro Alves
Le disque
Amarelo, de Juliana Ribeiro

Le film
Os Filhos de João, O Admirável Mundo Novo Baiano, long métrage de Henrique Dantas
La pièce de théâtre
Sargento Getúlio, à partir du texte de João Ubaldo Ribeiro, mis en scène par Gil Vicente Tavares

L’exposition
POP/Bienais, de Sante Scaldaferri, dans le Palacete das Artes Rodin Bahia

Le blog d’un photographe
http://apenasbahia.blogger.com.br par Adenor Gondim
Le blog d’un essayiste
http://lelixirdudrfunkathus.blogspot.com par Olivier Cathus.
(un blog écrit en français, depuis la France, mais qui traite des musiques afro-brésiliennes, en particulier.)

La chanteuse
Juliana Ribeiro
Le chanteur
aucun

Commentaires (1)

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , ,

Les planètes sarcasmes de Nelson Leirner

Publié le 24 août 2011 par bahiaflaneur

nelsonleirner18082011

Les amulettes de l'artiste lors du vernissage

Comme si nous étions un perpétuel fondu-enchaîné, masse informe. Comme si, pour l’œil inattentif, l’immensité tendait à nous rendre imperceptibles, sur la carte du monde. Nous, humains. Usagers ou acteurs ? Nelson Leirner ne transige pas et tranche. Dans le vif. Et l’artiste d’origine polonaise scinde et pointe, par son acuité dans ses juxtapositions, les sens et non-sens. Le jeu, la finitude, la guerre, la mémoire, la standardisation des goûts et des désirs, sont là, imparablement, qui nous aveuglent dans leur évidence. Scrutés et emmuraillés par les congrégations en soutanes. Mais ce qui vient patent dans notre observation ne nous rejette pas vers de sombres lendemains. Les œuvres de Leirner nous projettent vers une ample reconstruction du monde qu’il tient à nous seuls de percevoir pour mieux en ciseler et dessiner hardiment les contours, dans la voie formelle ironique que l’artiste créée et emprunte, avant qu’elle nous recouvre de ses déguisements factices, criards et colorés pour mieux nous envahir de ses lambeaux mortels.

Nelson Leirner, né en 1932 à São Paulo, a monté sa première exposition individuelle en 1960. Plus de soixante-dix autres mostras uninominales lui ont succédé, au Brésil et dans le monde. Par ailleurs, l’artiste a exposé dans plus de quatre cents expositions collectives. Il vit à Rio de Janeiro depuis 1997. Le titre, qu’il a choisi, de l’un de ses entretiens fleuve et phare - « Nelson Leirner : O engenheiro que perdeu seu tempo* » - accordé en juillet 2002 à Moacir dos Anjos, Agnaldo Farias et Adolfo Montejo Navas, se réfère implicitement à Marcel Duchamp (« Marcel Duchamp : l’ingénieur du temps perdu »), que Leirner découvrit tard, en 1970, quand il commenca à enseigner l’art, à la Faculdade Armando Alvares Penteado. Nelson Leirner avait précédemment exposé au MAM de Bahia en 1976 et 1995, puis en 2000 à la Paulo Darzé Galeria de Arte. En 2003 puis en 2005, il a exposé à la Galerie Marielle Maubrie, à Paris, en France.

nelsonleirnercataloguedarze18082011* Qui figure dans le grand catalogue (photo de la couverture ci à droite) produit et édité par Paulo Darzé: «Nelson Leirner - god bless», 2011, 92 pages, 1.500 exemplaires.
L’exposition de la trentaine d’oeuvres (photographies, sculptures, montages, collages, tableaux…) se déroule du 19 août 2011 au 24 septembre 2011, à la Paulo Darzé Galeria de Arte.

http://www.paulodarzegaleria.com.br/nelsonleirner2011.htm

Commentaire (0)

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Miguel Rio Branco: “Faire des photos, des objets trouvés”

Publié le 25 juillet 2011 par bahiaflaneur

Le débat sur le grade et la place que l’on devrait conférer à la photographie parmi les arts plastiques ne m’a jamais préoccupé, car ce problème de hiérarchie m’a toujours semblé d’essence purement académique. Henri Cartier-Bresson 27 11 1985

Tout avait commencé comme l’un des plus célèbres films de “Hitch”, comme disent les cinéphiles. Sous une forte chaleur, la recommandation, au bout du téléphone qui grésillait, était de prendre un déterminé autobus public, de descendre à un point nommé indiqué par le chauffeur, sur une piste asphaltée à double voie, au milieu de nulle part, de la traverser en courant, puis, là, en contrebas, la consigne était d’attendre… Pas d’avion en vue, heureusement… Une petite voiture, d’un clair azul qui se confondait avec le ciel, silencieuse au milieu de ces majestueuses montagnes du sublime arrière-pays de Petrópolis, dans l’Etat de Rio de Janeiro, venait déjà de surgir. Miguel Rio Branco, l’un des plus grands artistes d’Amérique Latine, en jeans bleu, en ce premier jour de juin, nous ouvrait la porte avant…

miguel1“Je me suis remis à peindre, moi qui suis installé ici depuis dix ans”, premiers mots de Miguel, à entrer dans l’immense atelier vitré, de la grande maison en bois, aux pieds de vertigineux flancs montagneux boisés. “J’avais commencé à peindre dès quatorze ans, jusqu’à dix-huit, et le dessin m’a sauvé, d’une certaine manière, isolé que j’étais dans deux internats en Suisse”. Là, autour de nous, sur des tables, ou bien suspendus, épars, mais d’un fatras très savemment organisé, ce sont les traces et les éléments de plus de trente ans de créations qui chatouillent immédiatement notre mémoire visuelle: rouges gants de boxe, projecteurs d’un temps passé, maquettes en cartoline d’espaces à vivre, lanterne de vitraux comme sortie d’un conte de Jules Verne, une moviola, un berimbau, des dessins, des centaines de petits pots de teintes et de poudres de minerais juchés sur des étagères, sculpture hélicoïdale d’un ami, des collages, des colliers de toutes sortes, des masques africains, quelques petites photos en noir et blanc et d’autres plus grandes, encadrées et posées à même le sol, des calebasses, des haltères, une chambre photographique en bois repliée, des dizaines de photos en couleur, gigantesques, imprimées sur des étendards carnavalesques… Au centre, comme un ring, mais suspendu au faîte par deux cordes simples: un chassis, vierge. À son aplomb, sur le sol, comme pour marquer l’espace frontalier de création du peintre, un rectangle peint. Comme un halo, dans une salle de boxe. Rouge carmin.

miguelmiguel3“Tu vois, je vis dorénavant ici car dans les villes, rien ne m’enthousiasme. Et les gens des villes qui n’ont pas de rapport avec l’art ne sont pas très intéressants. Et je déteste les foules, alors…” Miguel s’anime pour parler du musée d’Inhotim, près d’Ouro Preto. “Bernardo Paz, que je connais depuis sept ans, et qui a construit un bâtiment avec mes œuvres, est un collectionneur qui cherche, qui est un peu obsédé dans le bon sens, qui a connu Burle Marx, et son musée, ce sont des idées à lui. Bien qu’il exporte du fer, comme industriel, il vit sur le site du musée. Cinq cents personnes travaillent là-bas, il est engagé vraiment dans cette aventure artistique”. Et Miguel en profite pour dévoiler un projet similaire pour un futur proche, qui pourrait s’apparenter à celui de B. Paz, mais, ici, près de Petrópolis : “Ce serait une façon de penser, expérimenter, apprendre pour repenser la société. Je cherche actuellement des financiers, privés, pour éviter toute depéndance avec l’État du Brésil. Plein de jeunes plasticiens brésiliens ont des œuvres en devenir. Il faudrait les montrer. Les associer à des œuvres et à des fonds que je détiens, comme le mien et celui de mon grand-père, le dessinateur José Carlos de Brito e Cunha (photo ci-contre). Il y a tant à faire. Les universités, en dehors des villes, par exemple, pourquoi ne pas en créer?”.

Deux petits chiens passent dans la pièce. Manteaux pour les bassets, hiver carioca oblige. Manteaux rouges. Rouge carmin.

Et le marché de l’art, Miguel, comment se présente-t-il ? “Pour moi, actuellement c’est un certain marasme, bien que j’ai signé une grande exposition - Maldicidade - Marco Zero - à São Paulo***, en 2010. L’idée de base, avec l’éditeur Charles Cosac (Cosac & Naify), ici au Brésil, c’était un peu un voyage dans les villes avec des images plus douces, plus sensuelles. Nous allons d’ailleurs publier un livre à partir de ce travail, en 2012.” Mais les ventes ? “Le marché de l’art, c’est bizarre, c’est compliqué. Lors de mon avant-dernière exposition individuelle, en 1999, à New York, à la galerie D’Amelio Terras, j’ai bien vendu, mais les acheteurs étaient des spéculateurs boursiers, ou bien encore souhaitaient impressionner leurs petites chéries. C’est assez déprimant.” Et la France ? “J’ai eu une bonne année 2004/2005 avec cinq expositions individuelles, là-bas, dans des lieux prestigieux comme la MEP dans le Marais et aussi à Arles, d’une certaine manière ce fut bon, il y a eu des remous autour de mon nom. Mais je n’ai rien vendu. Les Français ne sont pas branchés, très conservateurs. Ils n’arrivent pas à comprendre ce que je fais, pas du tout. Ils mettent chaque artiste dans un tiroir en particulier, et moi il m’en faut plusieurs” conclue-t-il en riant… jaune. Certains critiques ou commissaires m’ont dit “Vos photos ne sont pas abouties” ou ce genre de choses…” Devant tant de culot à peine croyable, de cette dureté arrogante et infertile des Français, le salut pourrait venir d’où, Miguel ? “J’ai plusieurs marchands. De New York, peut-être, mais il faudrait qu’il y ait une galerie qui sache ce que vaut mon travail. Je n’y suis pas retourné depuis 2003, pour mon exposition à la Aperture’s Burden Gallery. Et aussi de… Belgique où de très bons galeristes se montrent réceptifs. Nous discutons actuellement. Mais je suis lucide : la création est complètement liée, en 2011, au commerce. Et d’ailleurs les marchands n’ont même plus le temps d’aller chez les artistes, leur parler. Avec l’internet, ils ne se déplacent pratiquement plus…”

migueljunho2011Extérieur jour. Nous voilà à l’air pur, à peine sortis du sas climatisé, gigantesque, qui a pour usage l’archivage des centaines de milliers de diapositives, tirages, films, mais aussi laboratoire et atelier de Miguel, aidé par deux jeunes assistants. Nous prenons quelques photos. Miguel sort avec délicatesse ce qui semble être l’unique exemplaire qu’il détient encore de son tout premier livre, dorénavant très rare, édité au Mexique**** par son ami Pablo Ortiz Monasterio. Puis celui***** fait avec Louis Calaferte, grâçe, entre autres, à l’amitié du photographe français Jean-Yves Cousseau. Joyaux. Mais ce serait faire injure à l’artiste que de délimiter ses espaces de travail. Tout est vie et travail, ici en même temps. Partout. Jours et nuits mêlés. Des milliers de livres débordent des étagères dans toutes les pièces, tandis que le lieu de repos est lui aussi entièrement encerclé de centaines d’objets, de photos, de reproductions, d’albums de peintres. “Regarde”, me dit-il. Comme ce volume sur Caravage, par exemple… Extérieur, jardin tropical, donc. “Oui, ce labyrinthe, ce petit espace fait de douze plaques de granit, ce projet de labyrinthe que je suis en train de reprendre, ces méandres, venir ici m’aide en ce moment où je peins nouvellement”. Le labyrinthe, une idée qui fut chère à son ami Hélio Oiticica, qu’il cotoya longuement, comme Carlos Vergara, aussi, à New York: “Oui, bien sûr, mais c’est loin et à ce moment là je venais à peine de voir toutes les cendres de mes photos et films, brûlés accidentellement lorsque… Hélio est mort”. Tant d’artistes rencontrés longuement ou croisés rapidement, tardivement, comme Manuel Alvarez Bravo, déjà vieux, mais le ton pris pour évoquer ce moment ne laisse pas douter de son admiration. Tandis qu’il en faudrait de peu pour qu’il abatte une autre “statue”, celle de l’oeuvre d’Henri Cartier-Bresson, en qui il reconnaît “d’abord la grandeur et le génie pendant les années trente. Après, il se répète et la virginité n’était plus là, malgré l’immense talent”. Nous acquiescons. “La virginité, voilà ce qui m’est nécessaire, c’est difficile, mais il faut la retrouver sans cesse pour créer mes objets trouvés”, me répète-t-il, avant de poursuivre, d’une voix un peu lasse: “Mon nom est connu, mon travail pas assez”. Antienne vraie des vrais créateurs, tous et toujours solitaires. Savoir voir, monter et montrer, en une musique qui n’appartient qu’à soi, voilà sans doute quelles seraient les vertus cardinales d’un artiste digne de ce nom, et telle est la marque évidente des oeuvres de Miguel Rio Branco. Alors, patience, Miguel. Le rythme de vos montages, dans une poésie tantôt flamboyante, tantôt obsédante, ou les deux à la fois, nous emporte, nous enserre en des contrées du seul imaginaire fécond.

Vient le temps de déjeuner, face à l’immensité boisée. Hors du temps. Au mur opposé, dans un coin, seuls deux petits tableaux de Miguel, presque blottis l’un contre l’autre, peints à New York, dans les années soixante, auxquels il semble particulièrement tenir. Ce mur, sur toute sa longueur, est rouge. Rouge carmin.

* Comme l’immense “Caci”, montage photographique suspendu. La Galeria Miguel Rio Branco (numéro 13) est située au nord-est du gigantesque Inhotim. ** Dont le trait n’est pas sans rappeler celui de Saul Steinberg, dont une grande rétrospective a été récemment proposée par l’Instituto Moreira Salles, à Rio de Janeiro. *** Au Museu da Imagem e do Som (MIS). 1er septembre 2010/31 octobre 2010. **** Dulce sudor amargo. Avec le texte de Jean-Pierre Nouhaud, “Carta a un amigo de Bahía”, París, el 18 de abril de 1985, in Miguel Río Blanco, trad. Felipe Garrido, FCE, México, 1985. ***** Nakta. (avec le texte de Louis Calaferte, “Noite Fechada” (”Nuit close”). Fundação Cultural, Curitiba, Brasil, 1996.

- Photos de Miguel Rio Branco dans son labyrinthe, des étendards et de la table de travail: © Bahiaflâneur. Autres photos : © Miguel Rio Branco.

Un livre de poche permet d’approcher l’univers de Miguel: Miguel Rio Branco, par Simonetta Persichetti, éditora Lazuli/Compañía Editora Nacional, 2007. Une bonne introduction à l’oeuvre.

- À Bahia, Miguel Rio Branco est représenté par la Paulo Darzé Galeria de Arte.

Pour tous autres références, se reporter ci-dessous aux deux liens de deux précédents articles que nous avions rédigé et traduit sur Miguel Rio Branco, et qui comportent de nombreux liens, balisés en couleur:

- http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2010/05/miguel-rio-branco-la-ferveur-chromatique.html

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2009/08/mariozinho-oeuvres-pour-eternite-4.html

Commentaire (0)

Advertise Here
Advertise Here

Soyez guidé à Bahia avec mon agence

Flâner, c'est vivre !

Au fil des jours

juin 2017
L Ma Me J V S D
« jan    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

(dés)information...

AU MARCHÉ

Bahia NOIRE

Bibliothèques

homophobie

Il est mélomane

Ils ont chanté

ILS ONT JOUÉ

ong ?

VIVRE AUX CHAMPS