Archive de Tag | "Seminario International de cinema e audiovisua"

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Cinéma et “séminaire”: ghetto pour un mot?

Publié le 09 août 2010 par bahiaflaneur

seminarioUn très récent sixième “Séminaire” de cinéma, qui s’est déroulé au mois de juillet 2010, était-il le dernier ? Financé par des fonds publics, ce “Seminario International de cinema e audiovisual” n’a certes pas ses jours comptés. Au-delà du titre, il s’agit pourtant d’un festival de films qui existe pour la sixième année consécutive*. Des rencontres de producteurs, de distributeurs, de cinéastes, de critiques, s’intercalent entre des projections. Sur plusieurs sites. Cette année, de nombreuses chaises vides, et peu de spectateurs, au dire des présents.
Nous avons rencontré brièvement le directeur, Walter Lima, ce vendredi 6 août, au cours d’un vernissage en ville: “Nous n’avons jamais eu notre projet approuvé nationalement. Nous en nous remettons toujours aux instances des grands sponsors, basés à Bahia, comme la compagnie pétrolière Petrobras. Ce sont des connaissances personnelles, et qui font le service minimum. Ils nous donnent très peu. Avec un titre comme “séminaire”, nous sommes déconsidérés”. Car W. Lima aime rappeler”que tout a un coût”  et qu’il “existe des idées reçues  de la part des banques, publiques ou privées”. Quant au ministère de la Culture, il affiche clairement la couleur, selon W. Lima : “Nous n’aidons pas les séminaires, nous ne sommes pas les mécènes de séminaires de cinéma”.
Ainsi, seules les affiches proposées dans toute la ville, avec le terme “séminaire” auraient-elles freinées toute ardeur cinéphilique ? Quoi qu’il en soit, le directeur est fermement décidé, et va s’y atteler, à changer le nom, “pour changer de catégorie et avoir une respectabilité, niée jusqu’à ce jour”.
Triste Bahia.

* Nous avions couvert dans ce blog l’opus 2009. Des raisons personnelles nous ont éloigné de celui-ci.

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Montage, son beau souci: Ceci Alves primée

Publié le 10 septembre 2009 par bahiaflaneur

cecifoto“Doido Lélé”. Tel est le titre du court-métrage de la cinéaste bahianaise Ceci Alves - déjà évoqué dans ces colonnes lors de sa projection au Seminário de Cinema de Salvador - qui a remporté avant-hier 8 septembre au soir, près de Fortaleza (État du Ceará) sur la commune de Canoa Quebrada (Aracati), le prix du Meilleur montage, lors de l’importante compétion V Curta Canoa*. Le montage a été effectué par Dedeco Macedo, 26 ans.
Ce dernier fut précédemment l’élève de la  réalisatrice, lorsqu’elle enseigna le montage, durant trois années, dans la faculté privée FTC. La réalisatrice fut également élève, section montage, de la Escola Internacional de Cinema e TV de San Antonio de los Baños, à Cuba, deux ans durant.

* Qui fait partie du V Festival Latinoamericano Canoa Quebrada (photos D. R.)

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Cinéma, à Salvador, cette semaine: bilan

Publié le 03 août 2009 par bahiaflaneur

Un demi-succès. Ce Seminário nous a laissé perplexe et plein d’espoir… Parlons vite sur les prix tout d’abord. Dans la compétition des court-métrages, les deux primés évoquaient un monde bahianais provincial, passé, avec des moyens de production grandiloquents et hors propos (Cães) ou sans scénario, sur un sujet passionnant (Nego fugido). La composition du jury semble en cause.
Pedro Paulo Rocha, révélation. Dans la catégorie mostra internacional, durant lequel le public fut tantôt vaste tantôt très clairsemé, s’est détaché le premier film de la très jeune mexicaine Yulene Olaizola, Intimidades de Shakespeare y Víctor Hugo. Sans oublier de mentionner une nouvelle fois le long-métrage “électronique” Kynemas, urbain et guerrier, de Pedro Paulo Rocha, pour  nous la révélation de ce festival. Tandis que le seul long-métrage bahianais, tourné en milieu rural, (Pau Brasil), de Fernando Belens, produit par Sylvia Abreu, au manque de moyens criant,  reflète le manque de mécènes et producteurs indépendants, privés, en 2009 pour le cinéma brésilien, ajouté à la “crise” économique mondiale. Deux éléments rappelés sans cesse, avec raison, par le chevroné organisateur et producteur [José] Walter Lima.
Sans évoquer la rétrospective des films de Godard, qui obtint un franc succès parmi les éudiants bahianais,  ou les tables-rondes avec la fine fleur de la critique mondiale  mais qui ont pâti des horaires mâtinaux, seules les 4e rencontres de producteurs et de distributeurs de cinéma et de télévision semblent avoir été fructueuses pour les participants*. La parfaite organisation des rencontres thématiques (catalogue et personnel  d’accueil, charmant et bilingue), la présence de chaînes européennes comme Arte, ZDF, parmi une quarantaine d’autres, et surtout d’une dizaine de sociétés de production de Bahia ont permis des négociations et une augmentation des partenariats encore inespérée il y a sept jours. Un très bon point pour ce Seminário.
Dans le hall d’entrée du majestueux Théâtre Castro Alves, lieu central des projections s’est implanté le Lounge Multimídia. Il permettait un va et vient permanent entre ou pendant les projections au milieu de dizaines d’écrans digitaux - qui diffusaient des oeuvres de 10h à 23heures chaque jour - seulement entrecoupé par le travail des disc-jockeys et vidéo-jockey, le tout à proximité d’un bar. Son axe “était de nier l’industrie de divertissement” selon selon organisateur, Flávio Lopes, qui rajoutait : “ce Lounge aura permis d’abolir la notion de frontière existant entre le cinéma expérimental et les avant-gardes artisitiques”.  On y aura découvert des dizaines de court-métrages brésiliens, du monde entier et même de l’Atelier Le Fresnoy, en France. Une belle réussite.

* Parmi eux, j’ai rencontré Bertrand Douet, financier établi en Amérique du Sud depuis vingt-cinq ans, au Brésil depuis huit et à Rio de Janeiro depuis cinq, qui semble en voie de conclure une bonne partie de ses trois projets, passionnants, de séries avec la productrice française Ariel de Bigault, pour qui rien du Brésil n’est étranger, depuis plus de vingt ans. Les partenariats de ce financier français associé à deux cinéastes sud-américains,  dans sa société Traquitana, semblent s’être affirmés avec des télévisions publiques de Sao Paulo, entre autres.. Il est vrai que l’axe d’une (Fronteiras) des séries  de B. Douet - pour qui “les Français ont eu, en 2008/2009, peu d’intérêt pour l’année de la France au Brésil” - semble envoûtante : faire tourner six réalisateurs, en binôme avec six artistes plastiques ou écrivains, afro-européens et afro-brésiliens, aux frontières du Brésil - qui sont au nombre de dix, faut-il le rappeler. Et Bertrand de compléter : “ce qui m’impressionne est que le Brésil est une île en Amérique du Sud, et nous voudrions filmer cette altérité, ces êtres humains loin des centres et autour desquels sont générées des expériences fascinantes, bi-culturelles”. Car pour ce fin connaisseur du continent “les possibilités d’ascension sociale, au Brésil, en milieu urbain, n’ont pas évolué”. Mais la bonne humeur ne quitte pas le visage de Bertrand bien qu’il me cite les écrits de tel sociologue brésilien “qui a montré l’évolution de la ségrégation urbaine à Salvador de manière plus ample qu’à Rio de Janeiro”. Et celui qui vint la première fois en 1990 à Bahia, un mois durant, se désole comme moi de ne voir aucun noir parmi les participants de ces rencontres de producteurs, de conclure : “C’est un gâchis monumental, malgré tant d’énergie disponible”.

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Cinéma, à Salvador, cette semaine (11): Hernán Littin

Publié le 01 août 2009 par bahiaflaneur

hernanSamedi 1er août 2009, 12h00. Dans la salle de presse, en short et veste de jean, mon voisin est… le frère de Miguel Littin, le cinéaste chilien. Hernán - père italien, mère grecque - parlera espagnol, car son français est heurté. Celui qui, adolescent, fut par deux fois troisième assistant de Sam Peckinpah sur deux tournages au Nouveau Mexique et au Chili est producteur, déjà, de 14 fictions et metteur en scène de nombreux documentaires institutionnels*, depuis les années 70. Sociologue de formation et exilé au Mexique durant onze ans pendant la dictature, où il produisit entre autres Maria de mi corazón** et le film El Palacio negro (Lecumberri) de Arturo Ripstein et connut, avec d’autres films,  une gloire relative***.
Il n’a pas vu pendant ce festival, à Salvador, de metteurs en scène noirs, bien qu’il ait remarqué et apprécié la présence filmée des acteurs noirs dans le long-métrage “Pau Brasil” du brésilien Fernando Belens, projeté hier soir.  À Cuba, où il a souvent travaillé “il n’y a pas, non plus, de metteur en scène noir, alors qu’il y a une foule de techniciens de premier ordre”. Il a croisé sur les tournages tant de personnages… Nestor Almendros, dont il aime rappeler le dicton “la luz, la piel de la pelicula”. Hernán a vécu en France aussi, à Paris, à la fin des années 70, où il a produit “Viva el presidente ! El recurso del método” de son frère Miguel avec Alain Cuny, ”une personne énigmatique” qui l’émeut encore aujourd’hui.

walterLe continent Amérique du Sud n’a aussi pas de secret pour lui, qui a terminé le tournage (août/septembre 2008) et la production brésilo-chilienne de Dawson-Isla 10, long-métrage pas encore distribué et dont le producteur exécutif brésilien, au côté de Miguel Littin metteur en scène et producteur pour la partie chilienne, n’est autre que le directeur de ce Seminário, Walter Lima (photo ci-contre, droits réservés). D’où la présence ici de Hernán, pour la première fois à Bahia, invité. À l’occasion de ce tournage, un accord de co-production, une loi, a été signée en 2007 entre le Brésil et le Chili. Grâce au fait que l’alors numéro deux - Juca Ferreira - du ministère de  la culture (et aujourd’hui ministre) s’était exilé au Chili. Hernán aimerait que ce partenariat, jusqu’alors inexistant, se déploie avec d’autres pays sur le continent. Car pour Hernán ” la situation du cinéma chilien est mauvaise” et l’un des remèdes éventuels, interne, serait “que le spectateur paye la moitié seulement du billet d’entrée quand l’Etat chilien paierait l’autre”. Mais il se sent en confiance avec la nouvelle ministre de la culture - Paulina Urrutia - qui a organisé la corporation du cinéma puis attiré l’attention de la présidente Michèle Bachelet -  ancienne actrice, dont le premier rôle au cinéma fut sous la direction de… Hernán, dans Mi primer amor****, en 1988. (photo Daniela Paz)

* À l’exception du censuré El Mensajero, documentaire sur les violences et manifestations durant la visite du pape Jean-Paul II en 1987.
** Signé Jaime Humberto Hermosillo, et premier scénario de Gabriel Garcia Marquez.
*** Alsino et el Cóndor et Actas de Marusia (Miguel Littin) : nommés deux fois aux Oscars et deux fois en compétition au Festival de Cannes.
**** 1988, long-métrage en vidéo pour la télévision.

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