Terreiro/Intellos/livro: la rime était de mise samedi 9 mai

Journalistes, éditeurs, intellectuels, professeurs, dans la force de l´âge pour la plupart, ils s »étaient tous retrouvés samedi 9 mai au soir, pour fêter les 50 ans de Mãe Valnizia de Ayrá, ialorixá du Terreiro do Cobre, l »un des plus anciens de Bahia. Dans le bâtiment Solar do Ferrão, au Pelourinho, la bonne humeur était contagieuse, les rires fusaient, les baise-main aussi dans une chaleur étouffante. Ils étaient, ces convives d »un soir, presque tous noirs, pratiquants dans ce même terreiro de candomblé.
Ils se connaissaient donc toutes et tous, pour bonne part vêtus de superbes tenues des meilleurs coupes et tissus africains, et passaient d »un petit groupe à l »autre. Étaient aussi là le vice-maire, un député fédéral, des conseillers municipaux, la ialorixá du prestigieux Terreiro de Gantois, des artistes, etc. Un chanteur, sur une estrade au fond, accompagné d »un orgue électronique berçait la soirée de chants du candomblé. Oui, en ce samedi soir sec et chaud, le Terreiro do Cobre – ou Cobre ou Terreiro Pilão de Cobre – lieu de culte cadomblé que dirige Mãe Val – comme on l »appelle – était à l »honneur, vraiment. Et cela se voyait !
La reine du soir, vêtue d »un ensemble marron-beige, est restée assise pendant plus de trois heures pour dédicacer une bonne partie des cinq cents exemplaires, vendus vingt reais, entre acarajés, caldos verdes, refrigerantes qui nous étaient offerts. Elle a édité son ouvrage à compte d »auteur et l »a titré : « Resistência e Fé: Fragmentos da Vida de Valnízia de Ayrá. » Elle y conte les histoires de son enfance dans son quartier, les découvertes de l »adolescence puis son initiation au candomblé, fille-de-saint du Terreiro de la Casa Branca – dans un autre quartier -, à l »âge de 16 ans.
Le Terreiro do Cobre est aujourd »hui situé dans le quartier Engenho Velho da Federação, mais fut créé en 1889 par son arrière-arrière grand-mère nigérienne, « Margarida de Xangó » dans le quartier de Barroquinha, près du Pelourinho. Aujourd »hui comme hier l »on y pratique les rites Ketu, Jeje e Bantu.
Pour le flâneur, une fois de plus, en ce milieu religieux comme dans ses autres quotidiens multiples à Bahia, tout observation le ramenait à une flagrante division et notion de classes sociales.

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