La barque

11 octobre 2008. 17h00. Sur le comptoir du bar crasseux, les pages intérieures du quotidien m »annoncent, que plus d »un mois après son unique concert à Salvador – 5 septembre, après 14 ans d »absence publique à Salvador – João Gilberto, Bahianais de Juazeiro, 77 ans, est toujours résident de la suíte luxueuse, haut perchée, d »un hôtel du quartier de Rio Vermelho, face à l »Atlantique. Incognito, en famille, sans être presque jamais sorti. J »imagine J. G. montrant du doigt à son fils de 4 ans, l »horizon éperdu, seulement taché du passage, de temps à autre, d »une petite barque… « O barquinho », son inoubliable mélodie qui promettait en 1958 : Dia de luz, festa de sol/E o barquinho a deslizar/No macio azul do mar/Tudo é verão, o amor se faz/No barquinho pelo mar (…) »
18h40. Je reçois des nouvelles, écrites depuis ses Alpes, d »un copain, écrivain. La coïncidence est trop belle pour que je ne retranscrive ici d »autres de ses mots, publiés* : « En bas, chaque jour, au déclin du soleil, une barque m »attend. C »est avec elle que je gagne mon pain, que j »emporte le rire des enfants. C »est grâce à elle que ma vie tient son cap. C »est la barque sans nom ou celle de l »amour, comme vous l »entendrez ! »
*Joël Vernet – Lentement au désert, lentement.

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