Cinéma, à Salvador, cette semaine (10) : play blessures

dagoCeci Alves et Raul Moreira. Soient deux journalistes bahianais qui s’essaient pour la première fois, au court-métrage, en 35 mm. Le résultat, par deux formes bien différentes, ne vient, heureusement, polir la bienséance visible  dans les salles brésiliennes. Enfant qui dépasse son rêve pour Ceci ou adulte, pour Raul,  qui « s’insurge contre la dictature de la jovialité et de la jeunesse qui prévaut au Brésil », dans « Dagobert va au paradis ». Le réalisateur veut déconstruire « les déguisements religieux, nombreux au Brésil » et avec la métaphore d’un véhicule d’occasion comme personnage central, nous ramène, depuis 1983 jusqu’à ce jour, à revisiter les « impostures de la beauté » . Mais ce film* où le présent est filmé en sépia et le passé en couleurs, guidé par le personnage masculin, dresse, poétiquement, par des plans simples sans affêterie, les impasses, politiques mais aussi affectives, parsemées, d’un bahianais cinquantenaire en 2009. Poignant.
Ceci Alves, clairement, avec « Doido Lelé » plonge dans les traumas de l’enfance. Par un filmage sophistiqué, où le traitement apporté à la notion de profondeur de champ est l’instrument capital, celle qui étudia le cinéma en France et à Cuba nous remmène dans Bahia des années 40, où un jeune garçon, noir et bahianais et pauvre, entre un père violent et une mère aimante, s’efforce d’accomplir son rêve de devenir chanteur. Montage rapide, couleurs contrastées, et pourtant le final malheureux ne viendra nous ôter l’impression d’une écriture ciselée.

* D’une durée de vingt minutes, le film de Raul Moreira fut tourné en août 2008, en trois jours et monté en trois également, pour un budget de quinze mille dollars. Le réalisateur devrait en mettre en ligne, dans les jours qui viennent, sur Youtube, un extrait.

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