Cinéma, à Salvador, cette semaine (11): Hernán Littin

hernanSamedi 1er août 2009, 12h00. Dans la salle de presse, en short et veste de jean, mon voisin est… le frère de Miguel Littin, le cinéaste chilien. Hernán – père italien, mère grecque – parlera espagnol, car son français est heurté. Celui qui, adolescent, fut par deux fois troisième assistant de Sam Peckinpah sur deux tournages au Nouveau Mexique et au Chili est producteur, déjà, de 14 fictions et metteur en scène de nombreux documentaires institutionnels*, depuis les années 70. Sociologue de formation et exilé au Mexique durant onze ans pendant la dictature, où il produisit entre autres Maria de mi corazón** et le film El Palacio negro (Lecumberri) de Arturo Ripstein et connut, avec d’autres films,  une gloire relative***.
Il n’a pas vu pendant ce festival, à Salvador, de metteurs en scène noirs, bien qu’il ait remarqué et apprécié la présence filmée des acteurs noirs dans le long-métrage « Pau Brasil » du brésilien Fernando Belens, projeté hier soir.  À Cuba, où il a souvent travaillé « il n’y a pas, non plus, de metteur en scène noir, alors qu’il y a une foule de techniciens de premier ordre ». Il a croisé sur les tournages tant de personnages… Nestor Almendros, dont il aime rappeler le dicton « la luz, la piel de la pelicula ». Hernán a vécu en France aussi, à Paris, à la fin des années 70, où il a produit « Viva el presidente ! El recurso del método » de son frère Miguel avec Alain Cuny, « une personne énigmatique » qui l’émeut encore aujourd’hui.

walterLe continent Amérique du Sud n’a aussi pas de secret pour lui, qui a terminé le tournage (août/septembre 2008) et la production brésilo-chilienne de Dawson-Isla 10, long-métrage pas encore distribué et dont le producteur exécutif brésilien, au côté de Miguel Littin metteur en scène et producteur pour la partie chilienne, n’est autre que le directeur de ce Seminário, Walter Lima (photo ci-contre, droits réservés). D’où la présence ici de Hernán, pour la première fois à Bahia, invité. À l’occasion de ce tournage, un accord de co-production, une loi, a été signée en 2007 entre le Brésil et le Chili. Grâce au fait que l’alors numéro deux – Juca Ferreira – du ministère de  la culture (et aujourd’hui ministre) s’était exilé au Chili. Hernán aimerait que ce partenariat, jusqu’alors inexistant, se déploie avec d’autres pays sur le continent. Car pour Hernán  » la situation du cinéma chilien est mauvaise » et l’un des remèdes éventuels, interne, serait « que le spectateur paye la moitié seulement du billet d’entrée quand l’Etat chilien paierait l’autre ». Mais il se sent en confiance avec la nouvelle ministre de la culture – Paulina Urrutia – qui a organisé la corporation du cinéma puis attiré l’attention de la présidente Michèle Bachelet –  ancienne actrice, dont le premier rôle au cinéma fut sous la direction de… Hernán, dans Mi primer amor****, en 1988. (photo Daniela Paz)

* À l’exception du censuré El Mensajero, documentaire sur les violences et manifestations durant la visite du pape Jean-Paul II en 1987.
** Signé Jaime Humberto Hermosillo, et premier scénario de Gabriel Garcia Marquez.
*** Alsino et el Cóndor et Actas de Marusia (Miguel Littin) : nommés deux fois aux Oscars et deux fois en compétition au Festival de Cannes.
**** 1988, long-métrage en vidéo pour la télévision.

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