La viola, âme musicale du Recôncavo ?

cassioLa viola, c’est une guitare à dix cordes, nommée « viola caipira » ou « viola machete ». Le Recôncavo,  c’est l’arrière-pays de Salvador, la région de Santo Amaro da Purificação, de Cachoeira… De multiples types de sambas y sont interprétées, depuis des générations. C’est justement par ses études ethnographiques, là, au fil des ans, que le musicien Cássio Nobre s’est passionné pour ce genre musical. Auparavant, celui qui joue également de la guitare, du oud arabe, du berimbau, de la zazumba, du tambour et du tambourin, dans ses nombreux voyages, au Sénégal comme dans toute l’Europe occidentale, a perfectionné ces pratiques pour, aujourd’hui, se consacrer, la plupart du temps à la viola. Cássio, qui est né dans l’Etat du Maranhão, mais vint enfant à Bahia, n’a que faire de l’appellation musique régionale. Il sait en effet joindre des inflluences ibériques et arabes écoutées au long des routes, et nous enchante par cette sonorité réinventée, aux facettes multiples. Uniques  pour qui sait prêter attention. Courbé sur son instrument, d’une application extrême, au côté de son compère guitariste Júlio Caldas et du percussionniste Ricardo Hartmann, Cássio (à gauche sur la photo) ne laisse de place à l’improvisation, et cherche, à donner, par ses tonalités inédites, une âme nouvelle à Bahia.
festivalC’est par ces qualités d’instrumentiste qu’il fut l’invité – après de nombreuses participations dans des festivals des états voisins du Ceará et du Paraíba – la semaine dernière, du XVIe Festival de Música Instrumenta da Bahia, dans le majestueux Théâtre Castro Alves. Le spectacle des trois compères, intitulé « Viola de arame », rôdé depuis 2007, captiva tant le petit millier de personnes, dimanche 27 septembre au soir, qu’il reçut une « standing ovation ». (photo D. R.)
Cet éclectique festival, organisé par ces deux persévérants et passionnés érudits que sont Zeca Freitas et Fernando Marinho, proposait trois spectacles par soirée, trois heures durant, sur quatre jours. Des trios de jazz – les formidables Nelson Ayres/Ulisses Rocha et Toninho Ferragutti – aux orchestres spectaculaires, en passant par des pianistes solos accompagnés par des choeurs, ce rendez-vous instrumental, d’un professionnalisme si rare à Bahia, nécessite désormais de forts mécènes pour un écho au-delà des mers.

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1 réponse

  1. 29 août 2010

    […] Cassio Nobre a de nombreux projets. Relectures et compositions inédites, qu’elle se nomment samba de viola, pagode de viola, baião de viola, ponteios, modas, choros, folia de reis, l’interprète recherche toujours de “nouveaux timbres”, de nouveaux rythmes et “textures sonores”. Il s’envolera pour Copenhague, fin octobre, invité pour le prestigieux Womex, le plus grand salon mondial dédié aux musiques du monde, folk, traditionnelles et ethniques. L’accompagneront les douze membres du groupe de samba de roda “Samba Chula de São Braz”, pour un show programmé dans la grande salle. Ils seront les uniques représentants de Bahia. Avant cela nous l’avons rencontré pour évoquer son actualité “d’incitateur” de la samba de roda, et ses rendez-vous musicaux pour 2011. […]

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