Jean-Pierre Léaud, Glauber: leur Afrique va renaître, encore une fois

leoa-de-sete-cabecas« Une histoire générale du colonialisme européo-américain en Afrique, une épopée africaine ». Ainsi s’exprimait le metteur en scène icône de Bahia, Glauber Rocha, au sujet de Der Leone Have Sept Cabeças, filmé au Congo, en 1970. Une production franco-italienne*. Aujourd’hui un film oublié, disponible en peu de copies, en mauvais état. Au contraire de tous les autres films du natif de Vitória da Conquista, décédé en 1981.
L’Etat de Bahia a décidé de remédier à cette injustice culturelle. Un contrat a été signé, le 23 novembre 2009 à Brasilia, entre la Secretaria de Cultura do Estado da Bahia (Fundo de Cultura da Bahia), la fondation Tempo Glauber, la Cinemateca Brasileira et les Estudios Mega, et l’Associação Baiana de cinema e Video (ABCV). Le montant alloué par l’Etat de Bahia sera de 960.000 reais (350.000 euros environ). La restauration de l’internégatif** – retrouvé à la Cineteca Nazionalle di Roma avec une version sonore en italien – , la fabrication d’une nouvelle copie neuve et la digitalisation de cette dernière composent cet accord. Sous la responsabilité du mari de l’une des filles de Glauber, Paloma, le cinéaste Joel Pizzini, rôdé par de nombreuses autres restaurations de films de Glauber.  Sans compter sur la « veille » permanente de la mère du cinéaste – qui déclara en 1981: « Meu filho morreu de Brasil ». Malheureusement, manque à l’heure actuelle une copie de la bande sonore en bon état ; au Brésil, seules des copies doublées en anglais ou en italien existent. La première mondiale de cette nouvelle copie devrait être projetée durant le festival de Locarno, en Suisse, en 2011. Nous saurons alors si le prophète de l’Apocalypse, interprété par Jean-Pierre Léaud, disait vrai.
(photo ci-contre : au début novembre 2009, à Salvador, la mère de Glauber Rocha, Lúcia, 90 ans, et le secrétaire à la culture de l’Etat de Bahia, Marcio Meirelles)

* Par Gianni Barcelloni et Claude Antoine pour la Polifilm, à Rome. Le film fut distribué en France par  Cinemas Associés.
** Jusqu’à ce jour, l’original du film n’est pas localisé. Par ailleurs, un documentaire devrait être tourné sur la réalisation du film, avec des entretiens des acteurs de l’époque. Le budget annoncé – fonds privés – serait de l’ordre de 400.000 reais. Il est tout de même intéressant de mettre en parallèle le budget évoqué dans cet article avec le budget de l’unique long-métrage bahianais tourné en 2009 : 4 millions de reais.

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