Le nouveau Salvador, en « parallèle »

paralelaQue font-ils ? Qui sont-ils ?
Ces gens qu’on tient en laisse
Dans les ports au shopping
Au bordel à la messe ?
Léo Ferré

Il faut rouler, rouler, venant du centre de Salvador. Une heure durant. Une vingtaine de kilomètres, avant d’atteindre le Shopping Paralela, dernier né des centres commerciaux de Salvador, implanté il y a un an en bord du grand axe routier, autour duquel se déploie et se déploiera le « nouveau » Salvador. Cette « paralela » (avenida Luis Viana Filho), dont le perçage s’inaugura il y a quarante ans, devient une longue chenille à peine mobile dès l’aube, puis au soir, pour déverser ces consommateurs vers de tels espaces climatisés, de bêton, d’aluminium, de polyester… Immeubles d’habitations truffés de caméras de surveillance, accolés les uns aux autres, condominios de luxe aux guérites militaires et aux clôtures életricfiées, facultés privées aux accès magnétiques et aux gardes armés, entreprises de communication, centre administratif, hypermarchés, concessionnaires automobiles japonisés, hôpitaux privés, sièges de journaux, de constructeurs civils, compagnie privée d’électricité. Les bulldozers règnent, les camions déversent leurs matériaux, car il faut élaguer, raser, sans cesse, chaque jour un peu plus, au mépris de la nature environnante. Et la forêt, qui était seule, là, il y a trente ans à peine, rasée irrémédiablement. Salvador se déplace, petit à petit, là. Pour ceux qui le veulent bien.

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