Table ronde sur l’art contemporain: Paulo Darzé innove, encore

dsc06603Il fallait du courage pour proposer un vendredi soir, dès 18 heures, une table-ronde, dans une galerie d’art, sur la place de l’art en notre siècle, à Salvador, au Brésil. D’autant plus que la météorologie était mauvaise. Paulo Darzé a relevé ce défi. Plus de quatre-vingt personnes, entre artistes – parmi lesquels les peintres Juraci Dórea, Andrés Rubio et Gaio, le photographe André França – étudiants, éditeurs, libraires, universitaires, se sont pourtant pressés dans ce lieu magique qu’est pour nous, définitivement, la galerie de Paulo Darzé.
Une première partie du débat essaya de traiter la forme des oeuvres de Caetano Dias, artiste venu du sec sertao et qui ne filme que… l’eau. Les avis divergeaient. Manque? Trop? L’oeuvre de Caetano mérita deux heures de réflexions. Nous distinguions, pendant ce temps, la silhouette de Paulo Darzé s’efforçant de recevoir les nouveaux arrivants, dans la plus parfaite courtoisie bahianaise. Paulo Darzé, en effet, n’est pas cordial, il est courtois, cela est tout à son honneur. Et les plus chanceux des visiteurs eurent la chance de repartir avec le catalogue, en avant-première, de la prochaine exposition du photographe Miguel Rio Branco, dès jeudi soir de cette semaine, ici même. Le flâneur en fit partie, non sans orgueil.
La deuxième partie de soirée voyait les intervenants et les spectateurs échanger véhémentement autour des définitions de l’art comme « simulacre », chère à Baudrillard, ou bien de manière erronnée comme « fonction ». Tandis que d’autres comme l’arististe bahianais Café  relataient leurs expériences d’art brut, le jour même, dans un marché qui les avaient vu proposer des morceaux  de viande (sèche et fraîche) encadrées dans des dorures de 50×50 cm et posées sur des sacs de fraine de manioc. Potentialités, règles, provocations, de nombreux abordages vinrent ainsi, en cette longue soirée, célébrer l’art comme liberté. Vingt-trois heures pointait : il était temps temps de sortir sur le parvis de la galerie, de goûter les acarajés et de tremper nos lèvres dans la bière fraîche. Paulo Darzé, une réflexion profonde et un coup de maître, une fois de plus.

paulodarzeLes invités à s’exprimer autour de l’art audiovisuel étaient Daniela Bousso, directrice du Museu da Imagem e do Som e do Paço das Artes à São Paulo, Eduardo Brandão, co-propriétaire de la Galeria Vermelho à Sao Paulo, André Parente, chercheur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ) et Josué Mattos, diplômé de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Sans oublier notre amie Cláudia Pôssa, qui reprend les traces, ici à Bahia, de Pierre Verger depuis de longues années, sans oublier les modernes, en photographie bien sûr.
(photo de Paulo Darzé, par Christian Cravo, ci-contre, et, ci-dessus, photo Paulo Darzé)

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