Odebrecht devient marchand d’armes (2)

dcnsSous-marins nucléaires. Elle se nommait DCN, aujourd’hui elle est DCNS, premier constructeur français de porte-avions, sous-marins et autres frégates. Elle est contrôlée par l’Etat Français.
Elle a formé, en 2009, un consortium (sociedade de propósito específico – SPE) avec Odebrecht pour la construction de quatre sous-marins et la construction de la coque d’un sous-marin nucléaire. Intitulée Itaguaí Construções Navais (ICN) les actionnaires en sont Odebrecht, pour 59%, et la DCNS, avec 41%. La Marine du Brésil, via la structure Emgepron, a une action spéciale (golden share) qui lui donne droit de veto pour certaines décisions. On comprend aisément qu’en matière de sous-marins nucléaires et de défense, cela soit inclus dans les clauses du contrat d’association.
Un ensemble de cinq contrats lie la Marine, DCNS et Odebrecht.
L’entreprise française a des contrats avec la Marine pour la construction des sous-marins, qui impliquent aussi Odebrecht. L’armée de mer brésilienne a déjà versé des sommes en avance pour l’exécution des contrats. Sur une période de quinze ans, le programme des sous-marins (Pró-Sub) impliquera un investissement de 6,7 milliards d’euros, dont une bonne part d’origine française. Le Pró-Sub inclut la construction des sous-marins, d’un chantier et d’une base navale à Itaguaí, dans la baie de Sepetiba, qui longe l’Etat de Rio de Janeiro. Sans compter un transfert de technologie de la France pour le Brésil, et également des ventes de missiles.
Le premier des sous-marins devrait être livré en 2017 et le dernier en 2021. Tandis que l’unité de propulsion nucléaire sera prête en 2025. Le patron de DCNS-Brasil, M. Berthelot, a affirmé que la société a commencé, fin mai 2010 à Cherbourg, la construction d’une section du premier sous-marin. Le client sera la Marine du Brésil. D’où la présence à Cherbourg de quelques cent trente techniciens et ingénieurs brésiliens.
Devant ce belliqueux et sombre futur annoncé, la seule question qui taraude le flâneur est: combien de passions brasilo-normandes naîtront ? Les paris sont ouverts !

P.S. : Au coeur de la formidable, complexe et harassante enquête que les deux journalistes Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, du site d’information Mediapart.fr, mènent depuis deux ans autour de « l’affaire de Karachi« , on apprend que DCNS était dans le décor, et que l’un des acteurs centraux des ventes d’armes avait pour habitude de voyager, en l’occurence avec une personnalité de premier plan du Luxembourg, au… Brésil :
http://www.mediapart.fr/club/blog/rimbus/270609/mystere-marin-d-un-panier-de-crabes

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