Place Castro Alves: du peuple ou des commerçants ?

unibanco2Le cinéma Glauber Rocha, réinauguré à l’effigie de la banque Unibanco (à l’extrême droite de la photo ci-contre), veut s’approprier un peu plus de ses alentours physiques, après l’acquisition polémique, et la privatisation de fait, récemment, de la placette contigue à son bâtiment. S’approprier  également l’architecture et le décor splendide de la place Castro Alves, qui lui fait face (voir seconde photo ci-dessous), est le nouvel et ardent souhait de son directeur et gérant.
En effet, cette place Castro Alves, bijou de Salvador, véritable porte d’entrée dans le centre historique, héberge, depuis une petite vingtaine d’années, tout au long de l’année, des fêtes ou animations, principalement musicales et populaires, qui nécessitent alors le non accès total aux voitures, dès les cent mètres précédant la praça Castro Alves. Souvent mal organisés et non contrôlés, ces rassemblements, à la sonorisation assourdissante, débordent sur toutes les rues adjacentes.

Écoutons* l’actionnaire-gérant du cinéma, quarantenaire – issu d’une famille de l’élite:
« Quand on ouvre une affaire avec pignon sur rue, on parie sur la ville. (…) le plus grand problème ce sont vraiment les fêtes. (…) Avec les autorités (…) nous avons évoqué les fêtes, qui ne peuvent pas se produire. Principalement le samedi et le dimanche, qui sont nos journées de plus grande fréquentation ».
« (…) Notre affaire marche bien, nous avons franchi toutes les étapes prévues mais souvent nous ressemblons à un mendiant, demandant une faveur (…) pour nous, ne plus autoriser de fêtes ici. Sinon, ils vont en finir avec l’unique bâtiment (équipamento) qui insite à rester sur la place Castro Alves. Et nous ne sommes pas écoutés »
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Ne faudrait-il pas tout bonnement avoir bonne mémoire et se souvenir des paroles du chanteur Caetano Veloso, dans sa chanson Um frevo novo:  « a Praça Castro Alves é do povo, como o céu é do avião ». « la place Castro Alves est du peuple, comme le ciel appartient à l’avion ».
Ne faudrait-il pas simplement préparer mieux ces fêtes, les doter d’équipements plus ordonnés et moins bruts, et instaurer des cahiers des charges stricts aux organisateurs? Il n’est pas négligeable, également, de savoir qu’un hôtel – hors catégorie, de très grand luxe, de la chaîne Fasano – va s’établir en 2011 dans l’immeuble situé sur la gauche du cinéma… Les lobbies hôteliers seraient-il déjà actifs et auraient-ils déjà mandaté le natif de São Paulo pour faire place nette avant l’ouverture de leur palace ?

* in jornal A Tarde, Caderno 2+,  p.7 (la page entière), le 10 juillet 2010. Recueilli par Thiago Fernandez.

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