Ana Lucia Mariz: le feu follet de la mémoire

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Âme secrète. C’est ainsi que la photographe pauliste Ana Lucia Mariz a choisi de nommer son travail. Alma Secreta donc. Ana Lucia a rôdé, plusieurs années, entre 2000 et 2005, entre l’Etat de São Paulo et celui de Bahia*, au milieu de ruines, d’églises abandonnées et de vieilles maisons désertées. Toujours la nuit. Une lampe de poche à la main, pour celle qui nous déclare avoir « fait abstraction d’une notion de foi », malgré les très nombreux édfices religieux fixés dans le nitrate d’argent. Pour ainsi former, sur le négatif et dans la rétine du spectateur, cette trace de lumière, comme un feu follet. Ses très grands formats, au nombre de trente, toujours en noir et blanc, obtenus à partir de prises de vue en 35 mm, nous plongent dans un monde flottant, entre mémoire et futur vague. Une exposition somptueuse.

* À Bahia, elle s’est rendue dans le quartier de Barroquinha (photo ci-dessus, de l’église abandonnée) à Salvador, mais surtout dans l’île d’Itaparica, sur la commune isolée de Baiacu, pour photographier la dantesque église Nossa Senhora de Vera Cruz. Cinq photos magiques résultent de ce séjour îlien et nocturne. De ce travail avait déjà résulté une exposition en 2005 à la Pinacoteca (SP) et la publication d’un livre aux édtions Terra Virgem.

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