Edu O. et Meia Lua, enivrés d’amour

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Edu O.

Il y a deux acteurs, qui viennent se rejoindre, rampant, sur une scène. Entre temps, par des sussurements, des appels chuintés, notre oreille aura suivi les deux corps handicapés, dont le torse mènera leurs danses, leurs entrelacements désirés et refusés, malgré des insistances répétées, parfois, de leurs jambes raides. Il leur aura fallu venir à bout d’obstacles,  leurs corps désarticulés pour partie, pour se mirer en face, se sentir peut-être, en des chorégraphies qui ne laissent aucune place à l’improvisation. Ce qui est proposé à notre regard nous emmène en des contrées sensorielles qui ne peuvent relever que du vouloir réel des acteurs, et dont le volant de possibilités n’appartient qu’à eux seuls.
Une prodigieuse poursuite au vouloir de l’amour, dans une poétique des corps blancs et noirs, rythmée par la musique, en direct, cinquante minutes durant, qui sourd de la guitare de Cassio Nobre. Somptueux voyage, dans une lumière entre chien et loup.

Un spectacle, O CORPO PERTURBADOR, qui mériterait de franchir l’Atlantique et qui ne se joua qu’une… dizaine de fois, avec plus de quarante spectateurs chaque soir, ces mois de décembre 2010 et de janvier 2011, au centre du patio du Goethe Institute (ICBA),  dans une scandaleuse indifférence médiatique. Ce spectacle a été possible à travers un appel d’offres du gouvernement de  l’Etat de Bahia (FUNCEB),  proposé en 2009, remporté par Edu Oliveira – du nom de « Edital Yanka Rudzka de Apoio á montagem de espetáculos de dança ».

– Photos de la vignette (Meia Lua) et ci-contre (Edu Oliveira) par Alessandra Nohvais.

http://ocorpoperturbador.blogspot.com/

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