A Tarde, tombeau pour la presse de Bahia ? (1)

atardeUn journaliste, Aguirre Peixoto, fut licencié du journal A Tarde le 8 février 2011. Sa faute ? Être cité à comparaître dans de nombreuses procédures judiciaires, toutes demandées par des constructeurs civils, à la suite de nombreux articles et plus particulièrement d’un, daté du 2 décembre 2010. Qui dénoncaient des crimes environnementaux, des constructions dans une certaine illégalité, commandées par le gouvernement de Bahia à des constructeurs privés, toutes signalées auparavant par le Ministère Public Fédéral. Au contraire de toute solidarité éditoriale, les propriétaires, qui devraient assurer la défense de leurs journalistes, dont les articles ont été validés – comme c’est le cas pour Aguirre Peixoto – par les chefs de rubriques et la rédaction en chef, ont donc choisi de s’en séparer.
Le journal A Tarde, fondé en 1912 par Ernesto Simões Filho*, appartient aujourd’hui à ses enfants Regina, avec 50%, Renato, 25% et  Vera, 25%. Ses petits-fils Sylvio, Ranulfo et Renato en assurent l’administration quotidienne. L’onde provoquée par la décision fut telle que l’un de ces trois dirigeants et actionnaires, Ranulfo Bocayuva, s’est solidarisé avec les journalistes, immédiatement en arrêt de travail de deux heures et trente minutes, dans la journée même, et regroupés dans la cour extérieure. Et la crise culmina, dans la journée du 10, avec la porte claquée par le rédacteur en chef du journal, figure historique de la presse à Salvador, Florisvaldo Mattos, 78 ans, présent depuis vingt et un ans au journal. Depuis, à cette date du 18 février 2011, à l’exception d’un interview (à la fin de cet article dans un encadré orange), d’un commentaire** et d’un communiqué***, pas un mot à la télévision, pas un mot sur cette affaire dans les journaux, pas une voix sur les ondes radio. Seuls les blogs donnent des miettes d’information. Silence total. Omerta ?
Mais revenons à Salvador. Ouvrons les yeux et regardons. Dans cette région d’Iguatemi, au long de l’avenida Tancredo Neves, il n’y a que des buildings et des shoppings centers. Le cœur  de Salvador, pour le buisiness, est ici (voir photos). Depuis vingt ans les constructions sont sans relâche ici, et passent des dizaines de milliers de véhicules chaque jour. Et le journal A Tarde a son siège, son imprimerie, là, depuis des décades, en bordure de cette même avenue. Son terrain vaut donc de l’or. Et l’appétit des grands groupes industriels et des constructeurs civils est sans relâche. Et le quotidien et groupe A Tarde (radio, site internet, régie publicitaire, reportages audiovisuels, etc.) a pour annonceurs majoritaires les constructeurs civils et les groupes d’enseignement privé. La femme de l’un des dirigeants – Sylvio Simoes – est actionnaire du second plus important constructeur civil de Bahia, associé à un gigantesque groupe immobilier de Sao Paulo. Sylvio Simoes est filié au Parti Socialista Brasileiro****.

La nasse se referme
Évoquons la topographie. Dans les proches alentours du journal, sur le côté à moins de cinquante mètres, cachè par de hautes haies d’arbres, (voir photo ci dessous) un ensemble d’habitations (condominio Solar Caminho das Arvores). Depuis, deux ans, l’entreprise Kieppe – liée au groupe Odebrecht – en rachète petit à petit les appartements. Des huits blocs, deux ont déjà été démolis. À l’arrière, une université privée, UNIFACS, dont le terrain appartient à Odebrecht. L’entreprise d’enseignement privé a déjà promis au groupe d’armement de quitter les lieux en 2012. À l’arrière également de A Tarde, une imposante tour, d’un organisme para public, la Desenbahia (Agência de Fometo do Estado da Bahia). Odebrecht a déjà négocié la vente de l’immeuble. Légèrement à l’arrière de A Tarde (voir photo), deux gigantesques tours de trente-cinq étages chacune, sont en train d’être construites par Odebrecht, les nommées Boulevard Side Empresarial et Boulevard Side Residencial. À deux pas de là, deux hautes tours, d’habitations luxueuses et de bureaux, regrouées sous le nom de Mundo Plaza, sont prêtes.
La direction du journal a déjà prévu un déménagement pour le littoral nord de Salvador, et la vente du terrain actuel. À Lauro de Freitas, où les constructions de la future imprimerie ont commencé. Il se murmure qu’Odebrecht a déjà négocié avec la famille Simoes et la Desenbahia, malgré leurs démentis (voir interview, bilingue, et traduite par nos soins, de S. Simoes), leurs relogements dans des immeubles qui leur appartiennent, ailleurs. Tandis que de « mauvaises langues » évoquent déjà une entente secrète Odebrecht/Simoes qui leur donnerait quelques unités des futures constructions. Une source anonyme, journaliste de A Tarde révèle même qu’il «y a déjà un certain temps qu’un bruit court que le groupe de Suarez souhaite avoir un journal et a même pensé à reprendre la marque Jornal da Bahia – qui appartint à un autre entrepreneur, Carlos Barral, proche de Suarez – pour faire une version exclusivement on line du journal ».

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à gauche, derrière les arbres, le Condominio Solar Caminho das Arvores, à droite le journal A Tarde

Revenons en dètail sur les pressions et persécutions judiciaires dont ont été victimes journalistes et fonctionnaires qui avaient osé regarder de près les activités des  sociétés du groupe de  Carlos Seabra Suarez. Au moment du vote, au conseil municipal, de la modification du plan d’occupation des sols de Salvador et de sa proche périphérie (PDDU),  il y a une bonne paire dannèes, une jeune journaliste de A Tarde, pleine de bonne volonté, venue de son sud natal, couvrit parfaitement ce moment et révéla de très nombreuses ententes de la société civile, politique et patronale (CREA/ingénieurs, ABI/patrons de presse, ADEMI/secteur immobilier, IAB/ordre des architectes de Bahia). Ses articles prirent fin, après menaces, fracture de serrures dans la rédaction, puis son départ volontaire du journal, après un doux passage par la revue grand public sur papier glacé dominicale. Il y eut aussi une autre jeune reporter, Maiza Andrade, elle aussi attachée aux  sujets environnementaux qui concernaient la région de l’avenida Pararela…  Quelques dizaines de reportages, puis… le placard comme affectation. Entre 2008 et 2009, ont été mis au tribunal, par les entreprises Realeza et Patrimonial Saraiba, 1 procureur (promotor) de l’Etat – Cristina Seixas, 1 procureur fédéral – Ramiro Rochembach, 4 contrôleurs de l’IMA. Le procureur fédéral n’avait pas dressé moins de trente-quatre procès-verbaux après enquêtes. Il a désormais été « affecté » dans un autre État ! Tandis qu’un coordinateur de contrôle da Coordenador da COIFI/SPU/BA,  Abelardo de Jesus Filho, vient d’être exonéré en décembre 2010 de sa fonction pour avoir signé le bulletin d’ordre (laudo) qui demandait  de détruire plus de cent oeuvres et chantiers illégaux exécutés par Carlos Seabra  Suarez dans l’Ilha dos Frades, en face de Salvador, dans la baie, la privatisant de fait. Actuellement, en 2011, deux autres journalistes de A Tarde – Valmar Hupsel Filho et Francisco Bastos –  sont « surveillés de près » par le lobby immobilier. Le premier est cité à  comparaïtre prochainement…
Relisons le propre le journal A Tarde, ci-après, à la date du  2 novembre 2010 :

O governador Jaques Wagner pagou a maior parte de sua campanha de reeleição com doações de empreiteiras, entre elas as executoras das maiores obras públicas do Estado. Da prestação de contas de R$ 26,2 milhões do petista, R$ 10,3 milhões tiveram origem em construtoras, de acordo com os dados divulgados pelo Tribunal Superior Eleitoral (TSE).
O maior doador pessoal é Carlos Seabra Suarez, ao lado de sua ex-mulher Abigail Silva Suarez, com R$ 250 mil cada. Ele foi sócio da OAS e comanda negócios em áreas como energia e imobiliária. Wagner teve a terceira campanha mais cara do País, dentre as 11 prestações de contas de governadores disponibilizadas pelo TSE até a tarde de terça-feira, 2.
O secretário de Comunicação do governo, Robinson Almeida, disse que cabia ao coordenador-executivo da campanha, César Lisboa, comentar o assunto. Procurado pela reportagem na tarde desta terça-feira, Lisboa estava com o celular desligado
.

Le gouverneur Jacques Wagner a payé la majeure partie de sa campagne électorale de réélection avec des donations d’entreprises, parmi elles les exécutrices des plus gros chantiers publics de l’Etat. De la prestation de factures de 26,2 millions de reais du pétiste (PT), 10,3 ont eu pour origine des constructeurs civils, selon les données divulguées par le TSE. Le plus important donateur comme personne physique est Carlos Seabra Suarez, au côté de sa femme Abigail Silva Suarez, avec 250.000 reais chacun. Il fut actionnaire du constructeur civil OAS et dirige de nombreuses affaires dans les secteurs énergétiques et immobiliers. Wagner a eu la troisième campagne la plus chère du pays, parmi les onze presations de comptes de gouverneurs disponibilisés par le TSE à la date du 2 novembre 2010.
Le secrétaire d’Etat à la Communication du gouvernement, Robinson Almeida, a déclaré qu’il revenait au coordinateur-exécutif de la campagne, César Lisboa, de commenter le sujet. Joint par la section reportage du journal dans l’après-midi de ce mardi, Lisboa avait son portable coupé

édition de A Tarde du 2 novembre 2010

* Qui fut ministre de Getulio Vargas. Une très grande ville de la périphérie de Salvador porte le nom de Simoes Filho.
**Renato Simões, directeur, sur Facebook: « A quem interessa achincalhar A Tarde? Com que objetivo ? Se a empresa toma uma atitude de acordo com seu julgamento, que se ouça os argumentos antes de condená-la à execração. Os incendiários e indignados por favor se acalmem e venham para o entendimento ».
**** «Le groupe A Tarde remercie le journaliste Florisvaldo Mattos pour les 21 années dédiées à ce journal, ayant été sept années rédacteur en chef. Pendant tout ce temps, il honora les traditions du bon journalisme pratiqué dans cette maison depuis sa fondation. Encore une fois nous reconnaissons sa compétence et sa dédication au travail».
C’est par ces seules cinq lignes, qui nous semblent d’une sournoiserie sans nom, que le départ du rédacteur en chef fut annoncé dans l’édition du quotidien le 12 fevrier. Les journalistes témoins de sa démission soudaine du journal, «sans commentaire, au nom du journalisme», comme il le dit lui-même le 10  – devant le licenciement du reporter la veille et certainement excédé que sa voix soit ignorée par la direction et exclu des décisions non strictement rédactionnelles – et de son départ, sur le parking du journal, sous les applaudissements ont relaté «un moment d’une intense émotion». Malgré toutes les couleuvres qu’il lui fallut certainement avaler, et ses circonvolutions synchretiques, au cœur même de tous les rédactions en chef des journaux de Bahia où il travailla, il n’est pas faux de qualifier cet homme de gauche et poète reconnu au Brésil, qui fut l’ami d’enfance de Glauber Rocha et de tant d’autres artistes, écrivains ou journalistes soixante ans durant, de «père» de centaines d’apprentis journalistes de Bahia. Bahia et «Flori», une histoire qui reste à écrire.
**** Parti fortement composé de membres de la plus haute bourgeoisie de Bahia. Son leader, ancienne maire de Salvador, Lidice da Mata, récemment élue sénatrice, a voté il y a peu de jours pour José Sarney comme président du Sénat.
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Le Ministère Public Fédéral (MPF) a denoncé à la Justice Fédérale des crimes contre l’environnement dans la construction du Parque Tecnologico de Salvador, dans l’Avenida Paralela*. Le chantier est réalisé par le gouvernement de Bahia en partenariat avec les entreprises Patrimonial Saraiba et Construtora NM. Dans les actes, le procureur Danilo Cruz demande la prison des propriétaires des entreprises et de l’ex Secrétaire d’Etat de Bahia de Science et Technologie (SECTI) Ildes Ferreira, en plus de l’application d’une amende.
Sont désignés comme accusés, en plus d’Ildes, le propriétaire de NM Construtora, Nicolau Martins, et les quatre représentants de Saraiba : Carlos Seabra Suarez, Francisco Bastos, André Duarte Teixeira et Humberto Riella Sobrinho. La dénonication du MPF a été faite le 29 novembre 2010 et s’est basée sur une investigation réalisée par la Police Fédérale. Cette dernière a constaté que la construction de Tecnovia, comme fut baptisé le Parque Tecnológico, a dévasté la végétation dans une zone de préservation permanente (APP) et des espèces typiques de la Mata Atlântica, ce qui est défini comme crime par la loi 9 .605 (qui traite des infractions environnementales).
Autorisation – Les actes disent également que la suppression de la végétation désobéit aux voies d’autorisation environnementale. Le chantier possédait une autorisation légale, émise en juin 2008 par la Superintendência de Parques e Jardins d’alors (liée à l’époque à la mairie de Salvador), qui avait besoin d’une autorisation postérieure de l’Instituo do Meio Ambiente (IMA**) pour la rendre effective.
La destruction de la végétation, pourtant, aurait commencé avant cette autorisation de l’IMA, selon la dénonciation. Le propre IMA avait déjà constaté cette irrégularité, ce qui avait géré une amende de 40.000 reais payée par la SECTI. La loi de crimes contre l’environnement prévoit la détention, d’un à trois ans, pour les irrégularités dénoncées, en plus de l’application de l’amende.
La 17e Vara Criminal de la Justica Federal, où fut effectué tous les protocoles de la dénonciation, n’a pas encore notifié les accusés par écrit. Mais même ainsi, joints par notre section reportage, ils ont affirmé que la suppression de la végétation a commencé seulement après les processus d’autorisations adéquats.
* Avenida Luis Viana Neto.
** Aujourd’hui nommé CRA. Lié au gouvernement de Bahia. L’ex-épouse de l’actuel gouverneur en était alors la présidente, nommée par lui-même. Des inspecteurs de l’IMA (Nilson Roque Leite Farias, Adelaido Pereira de Souza, Maria Daniela Martins Guimaraes, Marcelo Mariano) furent également traînés, ces derniers mois, en justice, par plusieurs entreprises immobilières, liées au groupe Suarez. Source : Tribunal de Justica da Bahia.
***Patrimonial Saraiba regroupe en sa direction Carlos Suarez, Francisco Bastos, André Duarte Teixeira et Humberto Riella Sobrinho.
– Article publié dans l’édition, que nous avons traduit ci-dessus, de A Tarde du 2 décembre 2010, et signé Aguirre Peixoto. Les légendes sont de Bahiaflâneur. Aguirre Peixoto est attaqué, pour ses articles, devant les tribunaux en cinq affaires, par les actionnaires de Patrimonial Saraiba. Ci-dessous, article original de A. Peixoto:

O Ministério Público Federal denunciou à Justiça Federal crimes ambientais na construção do Parque Tecnológico de Salvador, na Avenida Paralela. A obra é realizada pelo governo baiano em parceria com as empresas Patrimonial Saraíba e Construtora NM. No processo, o procurador Danilo Cruz pede a prisão dos proprietários das empresas e do ex-secretário de Ciência e Tecnologia Ildes Ferreira, além da aplicação de multa.
Constam como réus, além de Ildes, o proprietário da NM Construtora, Nicolau Martins, e os quatro representantes da Saraíba: Carlos Seabra Suarez, Francisco Bastos, André Duarte Teixeira e Humberto Riella Sobrinho.
A denúncia do MPF foi feita em 29 de novembro e baseia-se em investigação realizada pela Polícia Federal. Esta constatou que a construção do Tecnovia, como foi batizado o Parque Tecnológico, devastou vegetação em área de preservação permanente (APP) e espécies típicas da Mata Atlântica, o que é enquadrado como crime pela lei 9.605 (que trata de infrações ambientais).
Licenciamento – O processo ainda diz que a supressão de vegetação desobedeceu aos trâmites de licenciamento ambiental. A obra possuía um alvará, emitido em junho de 2008 pela então Superintendência de Parques e Jardins (ligada na época à Prefeitura de Salvador), que necessitava de uma autorização posterior do Instituto do Meio Ambiente (IMA) para sua efetivação.
A derrubada da vegetação, no entanto, teria começado antes desse aval do IMA, segundo a denúncia. O próprio IMA já havia constatado essa irregularidade, o que gerou uma multa de R$ 40 mil paga pela Secti. A lei de crimes ambientais prevê detenção de um a três anos pelas irregularidades denunciadas, além da aplicação de multa.
A 17ª Vara Criminal da Justiça Federal, onde foi protocolada a denúncia, ainda não notificou os réus. Mesmo assim, procurados pela reportagem, eles afirmaram que a supressão de vegetação só começou após os processos de licenciamentos adequados.

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Sylvio Simões : « A Tarde nao recebe pressoes do mercado immobiliário« 
Terra Magazine – O que ocorreu no episódio da demissão do repórter Aguirre Peixoto?
Sylvio Simões – Foi uma atitude da direção em relação a um redirecionamento da nossa atividade de comunicação. É só esse o ponto. É uma coisa que estão dando uma dimensão na qual não faz « A Tarde ». « A Tarde » tem uma posição muito clara, muito nítida, muito transparente, em relação aos seus propósitos. É um momento de mudanças muito grandes na empresa. O mundo está mudando e nós estamos mudando. As coisas estão se estabelecendo de uma maneira que, às vezes, há um nível de conflito interno, natural. A gente tem que tocar o barco. Obviamente, é bom que se saiba, « A Tarde » não sofre pressões, ninguém tem nos pressionado porque sabe da nossa conduta e do nosso comportamento. Foi muito mais um problema de relações da atividade empresarial.

O que a redação argumenta é que o repórter foi demitido depois de publicar uma matéria sobre a questão imobiliária, em Salvador. O que vocês dizem?

A razão não foi essa, foi muito mais uma discordância dentro da dinâmica da gestão da empresa. Por ventura, tentaram evidenciar uma carta dando exatamente esse sentido, que não é verdadeiro e o tempo vai exatamente demonstrar que foi muito mais uma questão de relações de poder interno, do que qualquer tipo de penalização por fazer qualquer tipo de matéria, seja em relação ao mundo imobiliário, em relação ao governo, em relação ao mundo agrícola. Sempre tivemos um princípio muito claro: nós temos um compromisso substantivo com a cidadania. Temos a obrigação na construção de um novo mundo civilizatório.

E por que Aguirre Peixoto foi escolhido?

Isso, na realidade, é que é lamentável. É lamentável que tenha acontecido essa questão com Aguirre, é lamentável. Mas a gente lamenta o que aconteceu com Aguirre. Foi um desentendimento em relação à questão da visão diretiva do grupo. Isso pode ser reparado no futuro. Não agora, porque aí seria acatar uma posição diretiva de total discordância no centro de decisões da empresa.

Não há acordo com os jornalistas? Ele estão numa paralisação de duas horas.

Rapaz, eu acho que não. Eles estão obviamente conversando com o sindicato e amanhã nós vamos ter uma conversa exatamente explicitando todos esses pontos que estamos falando. Porque há uma afetividade muito grande dos jornalistas com « A Tarde ». Na realidade, foi muito mais um problema de ordem diretiva da empresa, do que estão tentando afirmar. « A Tarde » não tem nenhum tipo de problema com qualquer área da atividade econômica, porque nós temos uma independência muito clara e todo mundo sabe na Bahia disso.

Não houve um corte de anúncios do setor imobiliário?

Nunca houve corte de anúncios. Não é verdade. A construção civil, aqui no Estado da Bahia, neste ano que passou, os insumos subiram muito e houve uma redução da atividade imobiliária. Houve uma redução da atividade imobiliária. Isso aí, se você puder pesquisar, eu até lhe agradeço. Por exemplo, no governo também houve uma redução de publicidade. Porque, você sabe, nas eleições para governador e para presidente da República, fica limitada a possibilidade de fazer publicidade. Teve duas reduções: uma redução do mercado imobiliário, as construtoras pararam de construir como estavam fazendo; e tem a questão da retração do próprio governo. E na área de telefonia também houve um ajustamento.

E as notícias que estão nos blogs, de que « A Tarde »…

Essas notícias que estão nos blogs correm, exatamente, de uma posição adotada, antagônica à posição da direção.

O jornal não está à venda? Circula que o jornal estaria negociando a venda de parte das ações para o mercado imobiliário, com os empresários Francisco Bastos e Carlos Suarez.

Não. Meu amigo, eu vou lhe dizer assim: se por acaso tiver uma ação à venda, do grupo « A Tarde », eu e meu sócio compramos (risos) Compramos na mesma hora. Eu mesmo tô doido pra comprar. Se você conseguir aí alguns sócios pra eles venderem, eu compro! Então, a questão foi muito mais do fórum de conflito diretivo, do qual realmente a gente adotou uma posição. Lamentavelmente, surgiu esse problema, no momento em que estamos fazendo grandes mudanças. Estamos, por exemplo, montando uma nova concepção estratégica. Estamos nos preparando para a festa dos 100 anos. Uma máquina nova, um sistema de governança, com a empresa alinhada para os próximos 20 anos.

Como foi tomada essa decisão de demitir Aguirre? Isso não fica restrito à redação, à secretaria de redação?

Olha, houve uma discordância aí realmente. A parte do corpo diretivo…

Seu primo, Ranulfo Bocayuva?

Não vejo como uma questão de parente, não. Vejo como questão de executivos. Que é uma questão nossa, no primeiro momento. Na área dos executivos, realmente, a gente acabou tomando uma decisão majoritária e aconteceu esse episódio. Mas, obviamente, a gente desenhou a questão do comando da empresa em relação à política da qual a empresa tem estabelecido ao longo de todos os anos. « A Tarde » nunca teve uma posição sistemática. « A Tarde » sempre foi crítica, no momento de ser crítica, e no momento de se elogiar, a gente elogia. A gente não pode adotar posições sistemáticas em relação a coisa alguma. Nesse novo Brasil, é preciso muito mais competência, porque você fazer as mudanças, as transferências de renda, com sensatez, é muito difícil. É o que a gente está tentando fazer aqui. Estou fazendo apenas uma analogia. Esse pano de fundo que está sendo divulgado não é verdadeiro.

Como o senhor vê as críticas à expansão imobiliária em Salvador? É muito agressiva para a cidade?

Olha, essa questão imobiliária em relação à cidade de Salvador não advém de agora. Ela agora tomou uma dimensão maior. O que está faltando é um PDDU bem desenhado e bem definido. Isso cabe à atividade pública, à Prefeitura da cidade do Salvador. Ela precisa sentar com todos os atores e desenhar um plano que acolha a questão do meio ambiente e que acolha também a questão das pessoas. O grande problema do jornal brasileiro é que ele é absolutamente factual. O fato ninguém discute. Mas os jornais da Europa e da América do Sul são analíticos e críticos. Essa é uma grande discussão que a gente precisa ter. A gente não pode transformar o mercado imobiliário como se fosse uma coisa unívoca. Tem empresas que atuam com seriedade, com responsabilidade, etc., e tem outras que muitas vezes não atuam e precisam ser criticadas.

« A Tarde » vai continuar publicando matérias críticas em relação a essa expansão imobiliária?

Ah, sem dúvida, sem dúvida, desde que haja motivo e razão a gente vai tomar posição crítica em relação ao mercado imobiliário e em relação a qualquer mercado. Agora, o que nós temos levantado é o seguinte, em relação a todos os jornais, não só do Brasil, mas do mundo. A gente está perdendo leitores porque o mundo mudou de paradigma e a gente não mudou. Qual é o paradigma? Qualquer atividade é gratificante. Existe uma coisa mais bonita do que trabalhar para construir as coisas? Então, os jornais precisam começar a apoiar a atividade de imóvel. E criticar a operação. O sujeito fez uma ponte errada? Você chega e baixa o cacete, porque a ponte foi mal construída. Sabe o que vai acontecer? Aqueles que constroem pontes erradas, até um Estado socialista vai dizer. Agora, se você transforma aquela ponte quebrada em todos os construtores de ponte constroem pontes ruins, aí é um problema. Até para a relação humana. A nossa reflexão é focar numa análise crítica. Isso é inabalável.

Aguirre foi demitido por causa do posicionamento editorial em relação à construção civil?

De forma alguma, foi muito mais por uma questão de discordância do corpo diretivo, que adotou uma posição. E essa posição não estava sendo estabelecida. As coisas estão caminhando dentro da dinâmica sistemática, e aí transformava todo mundo em japonês. Isso não é possível. A gente só é sistemático quando a gente não tem razão. Quando a gente tem razão, uma matéria bem dada resolve o problema.

Tem lhe incomodado o fato de os jornalistas falarem da vinculação da família Simões com negócios imobiliários?

Não há vinculação nenhuma. Não temos nenhum negócio no mercado imobiliário.

Eles falam de uma empresa de venda de imóveis de sua família.

Nós não temos nenhuma empresa imobiliária. Se tem, é de minha mulher e eu não participo. O jornal, ao contrário, não traz nenhum benefício, nem também nenhum malefício à atividade dela. Por quê? Ela é uma empresa de porte, associada a uma empresa de São Paulo, é a segunda empresa da Bahia. É meu segundo casamento, portanto não tem nada a ver com meu negócio.

(interview effectuée le 9 février 2011, dans laprès midi, par le journaliste Claudio Leal, pour le portal Terra Magazine. C. Leal, bonne plume et bahianais, fut, il y a de nombreuses années, journaliste à A Tarde. La traduction, par BF, de cet entretien suit).

Que s’est-il passé dans l’épisode du licenciement du reporter Aguirre Peixoto ?
Ce fut une attitude la direction liée à un redirectionnement de notre activité decommunication. C’est seulement ceci le fait. C’est une chose à laquelle des gens donnent une dimension qui ne concerne pas A Tarde. A Tarde a une position très claire, très nette, très transparente, à propos de ses désirs. C’est un moment de changements très importants dans l’entreprise. Le monde change et nous changeons. Les choses s’établissent de telle manière que quelques fois, il y a un niveau de conflit interne, naturel. On doit maintenir le bateau à flots. Clairement, c’est bon que cela se sache, A Tarde ne souffre pas de pressions, personne ne nous pressionne parcequ’il sait de notre conduite et de notre comportement. Ce fut beaucoup plus un problème de relations d’activité d’entreprise.

Ce que la rédaction argumente est que le reporter a été licencié après avoir publié un article sur la question immobilière, à Salvador. Que dites-vous de cela ?
La raison ne fut pas celle-là, ce fut beaucoup plus une discordance à l’intérieur de la dynamique de gestion de l’entreprise. D’ailleurs, ils ont tenté de donner de l’importance à une lettre donnant exactement ce sens-là, qui n’est pas véridique et le temps va exactement démonterr que cela fut beaucoup plus une question de relations de pouvoir interne, plutôt que de quelque type de pénalisation pour faire tel genre d’article, soit en relation au monde immobilier, en relation au gouvernement, en relation au monde agricole. Nous avons toujours eu un principe très clair : nous avons un compromis substantif avec la citoyenneté. Nous avons l’obligation de construire un nouveau monde sociable.

Et pourquoi Aguirre Peixoto fut-il choisi ?
C’est ceci, en réalité qui est lamentable. C’est lamentable que se soit produit cette question avec Aguirre, c’est lamentable. Mais nous nous plaignons ce qui s’est produit avec Aguirre. Ce fut une incompréhension au sujet de la question de la vision directive du groupe A Tarde. Ceci peut être réparé dans le futur. Pas maintenant, car cela serait suivre une position de la direction, en totale discordance avece le centre de décisions de l’entreprise.

Il n’y a pas d’accord avec les journalistes ? Ils sont dans une paralisation de deux heures.
Mon garçon, je crois que non. Ils sont clairement en train de discuter avec le syndicat et demain nous allons avoir une conversation expliquant exactement ces points que nous évoquons ici. Car il y a une affectivité très grande des journalistes avec A Tarde. En réalité, ce fut beaucoup plus un problème d’ordre directif de l’entreprise, de ce qu’ils tentent d’affirmer. A Tarde n’a pas le moindre problème avec quelque zone d’activité économique, car nous avons une indépendance très claire et tout le monde, à Bahia, sait cela.

Il n’y a pas eu de coupures d’annonces publicitaires du secteur immobilier ?
Il n’y a jamais eu cela. Ce n’est pas vrai. La cosntruction civile, ici dans l’Etat de Bahia, cette dernière année 2010, les matériaux ont augmenté énormément et il y a eu une réduction de l’activité immobilière. Il y a eu une réduction de l’activité immobilière. Ceci, si vous pouvez enquêter à propos, je vous en remercie d’avance. Par exemple, au gouvernement de Bahia, il y a eu une réduction de la publicité. Car, vous savez, lors des élections pour le gouverneur et le président de la république, est devenue limitée la possibilité de faire de la publicité. Il y a eu deux réduction : une réduction du marché immobilier, les cosntructeurs ont arrêté de construire comme ils le faisaient ; et il y aussi la question du retrait du propre gouvernement. Et dans le secteur des télécommunication il y a eu aussi un ajustement.

Et les nouvelles que nous lisons dans les blogs, que A Tarde…
Ces informations qui sont dans les blogs courrent, exactement, d’une position adoptée, antagonique à la position de la direction de A Tarde.

Le journal n’est pas à vendre ? Circule l’information que le journal serait en train de négocier la vente d’une part de ses actions pour le marché immobilier, avec les entrepreneurs Francisco Bastos et Carlos Suarez.
Non. Mon ami, je vais vous le dire ainsi : si par hasard il y avait une action à vendre, du groupe A Tarde, moi et mon associé achetons (rires). Nous achetons dans l’instant. Moi-même je suis emballé pour acheter. Se vous trouvez par ici quelques associés qui voudriaent vendre, j’achète ! Donc, la question fut bien plus de forum de conflit directif, duquel on a rééllement adopté une position. Lamentablement,  a surgi ce problème, au moment où nous effectuons de grands changements. Nous montons, par exemple, une nouvelle conception stratégique. Nous préparons la fête des cent ans du journal. Une machine nouvelle, un système de direction, avec l’entreprise alignée pour les vingt prochaines années.

Comment fut prise la décision de licencier Aguirre ? Ceci ne revient pas à la rédaction, aux chefs de rubrique ?
Écoute, il y a eu une discordance ici même réellement. Dans la partie du corps directif…

Votre cousin, Ranulfo Bocayuva ?
Je ne vois pas cela comme une question de cousinage, non. Je vois cela comme une question de décideurs. Qui nous regarde proprement, dans un premier moment. Dans le secteur des exécutifs, réellement, on pris une décision majoritaire et s’est produit cet épisode. Mais, clairement, on a dessiné la question du commandement de l’entreprise en relation avec la politique que l’entreprise avait établi au long de toutes ces années. A Tarde n’a jamais eu une position systématique. A Tarde fut toujours critique, au moment d’être critique, et au moment de se faire des éloges, on fait l’éloge. On ne peut adopter, pour rien, des positions systématiques. Dans ce nouveau Brésil, il est nécessaire de plus de compétence, car vous faites les changements, les transferts de salaires, avec du bon sens, c’est très difficile. C’est ce que nous tentons de faire ici. Je fais seulement une analogie. Cette toile de fond qui est en train d’être divulguée n’est pas vraie.

Comment voyez-vous les criques à l’expansion immobilère à Salvador ? C’est très agressif pour la ville ?
Regarde, cette question immobilière à propos de la ville de Salvador ne vient pas d’aujourd’hui. Elle prend maintenant une plus grande dimension. Ce qui manque est un PDDU (plan d’occupation des sols) bien dessiné et bien défini. Ceci revient à l’activité publique, à la mairie de Salvador. Elle a besoin de s’assoeir avec tous les acteurs et dessiner un plan qui accueille la question de l’environnement et qui accueuille aussi la question des personnes. Le grand problème du journal brésilien est qu’il est absolument factuel. Ceci tout le monde en convient. Mais les journaux d’Europe et d’Amérique du Sud sont analytiques et critiques. Ceci est une grande discussion qu’on a besoin d’avoir. On ne peut transformer le marché immobilier comme s’il fut une chose univoque. Il y a des entreprises qui travaillent sérieusement, avec responsabilité, etc. et il y en a d’autres qui souvent travaillent mal et ont besoin d’être critiquées.

A Tarde va continuer de publier des articles critiques sur cette expansion immobilière ?
Ah, sans aucun doute, sans aucun doute, à partir du moment qu’il y a motif et raison on va adopter une position critique à propos du marché immobilier et vis-à-vis de n’importe quel marché. Maintenant, ce que nous signalons est la chose suivante, à propos de tous les journaux, non seulement du Brésil, mais du monde. On perd des lecteurs car le monde a changé de paradigme et nous n’avons pas changé. Quel est le paradigme ? N’importe quelle activité est rémunératrice. Existe-il une chose plus belle que travailler pour construire les choses ? Donc, les journaux ont besoin de commencer à soutenir l’activité immobilière. Et critiquer l’opération. Tel fait un mauvais pont ? Vous arrivez et montrez l’erreur, car le pont fut mal construit. Vous savez ce qui va se produire ? Ceux qui construisent les ponts, mal, même un État socialiste va le faire remarquer. Maintenant, si vous transformez le pont brisé en une démonstration où tous les constructeurs font de mauvais ponts, là c’est un problème. Même pour les relations humaines. Notre réflexion est de mettre le doigt sur une analyse critique. Ceci est inébranlable.

Aguire fut licencié à cause du positionnement éditorial en relation à la construction civile ?
En aucune manière, ce fut beaucoup plus pour une question de discordance du corps directif, qui a adopté une position. Et cette position n’avait pas été établie. Les choses avancent dans une dynamique systématique, et transformaient tout le monde en envahisseur. Cela n’est pas possible. On est systématique quand on a tort. Quand on a raison, un article bien remis résout le problème.

Cela vous a incommodé que les journalistes aient évoqué les liens de la famille Simoes avec des affaires immobilières ?
Il n’y a aucun lien. Nous n’avons aucune affaire sur le marché immobilier.

Ils parlent d’une entreprise de vente d’immeubles de votre famille.
Nous n’avons aucune entreprise immobilière. Si il y en a, elle est de ma femme et je n’y participe pas. Le journal, au contraire, n’amène aucun bénéfice, et également aucun maléfice à l’activité de son entreprise. C’est une entreprise importante, associée à une entreprise de Sao Paulo, c’est la seconde entreprise* de son secteur, à Bahia. C’est mon deuxième mariage, donc cela n’a rien à voir avec mes affaires.

Note de BF: Manuela Corrêa Ribeiro, associée et directrice de Imobiliária Ponto 4 & Coelho da Fonseca, dont le siège est dans l’Avenida Sete de Setembro, 2019 – Corredor da Vitória – Salvador. La famille Corrêa Ribeiro est l’un des plus grands patrimoines de Bahia.  http://www.ponto4.com/


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