Jean

jeanHors d’un certain maigre sérail bahianais attentif à ses livres de récits publiés à Salvador, ce que l’on n’avait pas prévu, c’est que l’homme était plus intelligent que ce que l’on imaginait. Il n’était pourtant, médiatiquement, Jean Wyllys (à droite sur la photo ci-contre), le beau Bahianais, que ramené à l’icône  par une certaine « masse » homosexuelle, après sa victoire et son gain important dans une émission nationale de télé-réalité, il y a deux bonnes paires d’années.
Et le journaliste à l’écriture fluide, l’apprenti écrivain admirateur de l’œuvre de Machado de Assis et citoyen « soucieux du monde » qu’est Jean, comme nous l’appelons dorénavant, est devenu… député fédéral, ce 1er février 2011. Élu sur la liste du parti d’extrême gauche, le PSOL, à Rio de Janeiro – où il vit depuis six ans –  après de savants calculs proportionnels. Un député bahianais en exil à Rio de Janeiro, dirons-nous ? Pas vraiment, et franchise et lucidité sont de mise : « La scène électorale bahianaise est tant dominée par ses niches, ses étables (« currais »), qu’entrer dans cette moisson aurait été, peut-être, plus difficile pour moi. Rio de Janeiro est plus cosmopolite, plus ouvert ». « Quelques étables (« currais ») sont encore permanentes surtout au niveau législatif (…) Il y a, là encore, un contrôle de ces forces plus conservatrices, qui recourrent à des expédients comme l’achat de vote ».
Et que l’on ne voit une marionette « gay » en l’auteur – bientôt adapté au cinéma par la meilleure représentante de cet art à Bahia – car Jean « veut représenter, depuis l’Assemblée à Brasilia, le mouvement homesexuel du Brésil comme un tout ». Mais sans oublier l’essentiel de toute vision progressiste, engagée : « Un candidat qui ne serait attentif à la question supérieure des droits de l’homme, restreint aux « drapeaux » du mouvement LGBT* ne pourra faire grande chose, ou rien, pour ces banderoles ». Le nouveau député, également, dans ses déclarations d’intention, inclut entre autres « combats pour l’intégration des militants sans-terre, les sans-toit et les sans-papier ».

* Lesbian Gay Bisexual Transexual. Chaque vendredi, depuis plus d’un an, J. W. écrit une chronique, dans le quotidien « Correio » qui appartient au clan, conservateur, Magalhaes. Un des paradoxes de Bahia. jwyllys@terra.com.br

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