A Tarde: tombeau pour la presse de Bahia ? (3)

atarde6Le tout nouveau rédacteur en chef du quotidien A Tarde, Ricardo Fontes Mendes, vient de censurer une partie d’un entretien que la journaliste Emmanuella Sombra avait realisé pour paraître dans l’édition, datée du 3 avril 2011, de la revue dominicale du groupe, Muito. Prenant acte, la journaliste Mme SOMBRA a décidé de démissionner. Après les licenciements de nombreux journalistes en 2010, le renvoi récent d’un journaliste après la mise à jour des collusions des actionnaires du journal avec les constructeurs civils, la fosse tombale de la crédibilité se rapprocherait-elle pour le quotidien presque centenaire ?
Emmanuella Sombra :
« Je communique qu’aujourd’hui 28 mars, j’ai demandé ma démission de A Tarde, journal où j’ai travaillé les quatre dernières années comme stagiaire du service Alô Redação, reporter du cahier Local et, les derniers douze mois, reporter de la revue Muito. Je fais cela après que le rédacteur en chef, Ricardo Mendes, ait déterminé la suppression du passage de l’interview que j’ai fait avec la chanteuse Ivete Sangalo*, qui devait être publiée dimanche prochain, 3 avril, dans l’édition numéro 157 de la revue Muito.
Le passage en question évoque deux questions référentes, respectivement, à la crise dans l’entreprise de la chanteuse, Caco de Telha, et au procès impliquant son ex-batteur Tonho Batera. Les deux questions furent rapidement et correctement répondues par la chanteuse, sans la moindre indication que je ne puisse les publier. Elles ont été faites après aue son attachée de presse demande que Ivete ne parlerait ni de sa vie personnelle et sur les polémiques impliquant d’autres chanteurs. Donc, sans que même l’attachée de presse m’ait censuré dès le début de l’entretien.
Quand je suis sortie de la rédaction pour faire l’interview, vendredi 25 mars, j’étais consciente que le point principal était le prix Troféu Dodô & Osmar, promu et réalisé par le Grupo A Tarde, pour lequel Ivete Sangalo serait maître de cérémonie, et qu’il s’agissait d’une édition spéciale en hommage au prix. je sais que toutes les entreprises de journalisme de ce pays possèdent des intérêts économiques. Je ne quitte pas l’entreprise avec une idée romantique de ce qui est ma profession ou de ce que je ne vais pas affronter nouvellement. Mais pour moi, en ce moment, publier une interview qui fait la couverture, avec huit pages intérieures de questions et réponses, dans laquelle, aux yeux du lecteur, ne s’évoquent pas deux des sujets les plus importants impliquant la chanteuse (cela pour le moins durant les trois derniers mois) est pratiquer un anti-journalisme auquel, en quatre anées de profession, je ne suis pas habitué.
Encore plus quand il s’agit de la première occasion au cours de laquelle Ivete évoque ce cas dans un entretien, d’une manière patiente et éduquée, loin des loges du show-business, sans aucun type de pression, et explique quelle est sa version des faits, affirmant que son frère continue à diriger son business, même à distance – une information nouvelle, de grande importance pour ce sujet-là, encore plus si elle-même l’affirme. Je dis bien clairement que je prends cette décision après avoir demandé au rédacteur en chef de ne pas signer l’article par respect à ma conscience et à celle du lecteur, qui certainement trouvera bizarre de lire une interview si longue qui ne traite pas le cas Caco de Telha. La demande fut promptement niée par Ricardo Mendes. (…)
Si un journal a entre les mains un sujet d’importance journalistique et décide de ne pas le publier pour ne pas courrir le risque de blesser des susceptibilités ou répondre à tout autre intérêt qui ne soit pas celui d’informer, il ne fait rien de plus que mettre en risque sa propre crédibilité. De la mienne, je ne transige pas. »
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« Comunico que hoje, 28 de março, pedi demissão de A Tarde, jornal onde trabalhei nos últimos quatro anos como estagiária do Alô Redação, repórter de Local e, nos últimos 12 meses, repórter da Muito. Faço isso após o editor-chefe, Ricardo Mendes, determinar a supressão de trecho de entrevista que fiz com a cantora Ivete Sangalo, a ser publicada no próximo domingo, 3 de abril, na edição 157 da Muito.
O referido trecho diz respeito a duas perguntas referentes, respectivamente, à crise na sua empresa, a Caco de Telha, e ao processo envolvendo seu ex-baterista, Tonho Batera. As duas perguntas foram pronta e educadamente respondidas pela cantora, sem qualquer indicação de que eu não pudesse publicá-las. Foram feitas após sua assessoria explicar que Ivete só não falaria: 1 – sobre sua vida pessoal e 2- sobre polêmicas envolvendo outros cantores. Portanto, sem que nem mesmo a assessoria da cantora me censurasse antecipadamente.
Quando saí da redação para fazer a entrevista na última sexta-feira, 25 de março, estava ciente de que o foco principal era o Troféu Dodô & Osmar, promovido e realizado pelo Grupo A Tarde, no qual Ivete Sangalo será mestre de cerimônias, e que se tratava de uma edição especial em homenagem ao prêmio. Sei que todas as empresas de jornalismo desse país possuem interesses econômicos. Não estou saindo da empresa com uma ideia romântica do que é a minha profissão ou do que não vá enfrentar novamente. Mas para mim, neste momento, publicar uma entrevista de capa, com oito páginas internas de perguntas e respostas, em que, aos olhos do leitor, não se toca em dois dos assuntos mais relevantes envolvendo a cantora (isso pelo menos nos últimos três meses) é praticar um anti-jornalismo ao qual, em quatro anos de profissão, não estou acostumada.
Mais ainda quando se trata da primeira oportunidade em que Ivete falou sobre o caso em uma entrevista, de forma paciente e educada, longe dos bastidores do show business, sem nenhum tipo de pressão, e explicou qual sua versão dos fatos, afirmando que o irmão continua à frente dos negócios mesmo à distância – uma informação nova, de extrema relevância para o caso, ainda mais se dita por ela. Deixo claro que tomo esta decisão após solicitar ao mesmo editor-chefe que eu não assinasse a matéria por respeito à minha consciência e ao leitor, que certamente achará estranho uma entrevista tão longa ignorar o caso Caco de Telha. O pedido foi prontamente negado por ele. (…)
Se um jornal tem em mãos um material de relevância jornalística e decide não publicá-lo para não correr o risco de ferir suscetibilidades ou atender a qualquer outro interesse que não o de informar, nada mais faz do que pôr em risco a própria credibilidade. Da minha, eu não abro mão ».

* Ivete Sangalo est la chanteuse de axé music et le support publicitaire qui connaît le plus grand succès possible au Brésil. Des marées humaines se jettent à ses pieds. Véritablement la « reine » du carnaval de Bahia. Mais les sons qui sortent de son orifice bucal, les plus exécrables possibles, ne peuvent et ne pourront jamais retenir ne serait-ce qu’une segonde de notre attention et de notre encre virtuelle. Qu’on se le dise.


(Ce texte a été publié en première main par le blog, nouvellement créé à Bahia (http://blogbahianarede.wordpress.com) dirigé par le journaliste Josias Pires)

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Rappel de nos articles sur le quotidien A Tarde:


http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2009/09/14-des-journalistes-culture-du-quotidien-remercies.html

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2011/02/a-tarde-le-tombeau-de-la-presse-de-bahia.html
http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2011/03/a-tarde-tombeau-pour-la-presse-2.html



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