Diplomatie ou commerce ?

celsoamorim13062011« La diplomatie, qui est le commerce du temps », avait écrit Bernard-Marie Koltès*.
Dans le Palácio Rio Branco, à Salvador, lundi 13 juin en soirée, Celso Amorim, l’ex-ministre des Affaires étrangères du Brésil pendant la totalité des deux mandats du président Lula, s’exprimait devant la société civile de Bahia. Debout pendant une petite heure, devant un auditoire d’environ quatre cents jeunes gens et acteurs de la vie intellectuelle, le propos de cet homme affable et cordial – qui dirigea en des temps glaubériens l’agence brésilienne du cinéma (Embrafilme) – pourrait se résumer en quelques phrases : sous mes mandats, nous avons initié des relations commerciales avec beaucoup de pays qui n’avaient alors aucun rapport avec nous, nous avons traité et négocié dans le calme pour amplifier les traités de commerce de marchandises déjà signés, nous avons renoué des liens commerciaux avec des pays qui furent partenaires. Etc. Les quatre cinquièmes de sa conférence se seront focalisés sur le seul commerce, celui du pétrole surtout, et le renouveau de la visibilité du pays Brésil se devait à lui seul, ce commerce, chiffres et pourcentages à l’appui. Seules les dernières cinq minutes l’auront vu évoquer telle guerre ou tel conflit actuel et la « complexité de ce début de siècle ».
La semaine dernière, dans l’Etat de Rio de Janeiro, l’un des lointains descendants du Barão do Rio Branco, fondateur de la diplomatie au Brésil, conversait avec nous en privé, et rappelait combien son aïeul « travaillait surtout et beaucoup pour éviter la guerre et s’évertuait d’abord à construire une paix toujours possible ».
Ces temps, comme ceux du dramaturge français, sont derrière nous. Pour notre plus grand malheur.
* in Dans la solitude des champs de coton.

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