Salvador, un présent qui ne passe pas (1/2)

Osvaldo Campos Magalhaes est un entrepreneur et un ingénieur, mais surtout un soteropolitano engagé pour la préservation et l’embellissement, si possible, de la ville de Salvador et de l’Etat de Bahia. Il éditorialise régulièrement ici et là, et rédige un BLOG où il invite à collaborer ceux qui, comme lui, s’indignent devant les blessures, peut-être mortelles, dont Bahia est victime. Son espace rédactionnel, ouvert, propose également de nombreuses solutions, jamais dans l’à-peu-près, pour Bahia. Osvaldo Campos milite depuis longtemps dans un petit parti de centre droit (PSB), modéré, mais qui fut le seul, sur les quarante dernières années, à avoir réussi à conquérir la mairie de Salvador en s’opposant frontalement à l’oligarchie tyrannique de Antônio Carlos Magalhaes. Il fut une fois candidat à conseiller municipal, en 2008.
Après avoir, ce mercredi 28 décembre, traduit son texte enflammé du 25 décembre, Bahiaflâneur apportera, dans un deuxième article (2/2), des éclaircissements et des informations factuelles précises, originelles et complémentaires des graves atteintes au patrimoine immémorial de Salvador, décrites ci-dessous.

Privataria Urbana,
par Osvaldo Campos Magalhaes

ondina125122011Le 15 septembre 2011, a été inaugurée par la mairie de Salvador, la Praça Luiz Sande de Oliveira, dans le quartier d’Ondina, pour un juste hommage au brillant  économiste et fonctionnaire bahianais. Résultat d’un partenariat avec le secteur privé, l’aire plaisante et populaire  en bord de mer fut totalement réurbanisée et requalifiée, possédant accès pour les handicapés, terrain multisports, terrain de football, amphithéâtre, équipement pour la gymnastique et toilettes publiques. Selon le récit de la presse locale, à peine deux mois après la cérémonie d’inauguration, l’espace était déjà dans un état lamentable provoqué par des actions de vandales et par l’abandon des services de la mairie. Avec des protecteurs des grillages des terrains de sports en très mauvais état, les trottoirs défoncés, des poubelles et les travées des terrains multisports rouillés et crevassées dans les espaces pour la pratique du sport, le lieu semblait ne pas avoir été retapé depuis une éternité.
Étrangement, à la fin de novembre 2011,  la place fut nouvellement encerclée par des palissades de bois et devint inaccessible pour la population. Selon ce qui est relaté, le partenariat avec le secteur privé devrait consister dans la permission de l’usage du lieu pour une installation d’un camarote pour le carnaval en échange de la réurbanisation et de la requalification. Ce qui cause stupeur et indignation est que le Carnaval se produira seulement dans la deuxième quinzaine de février. Considérant que le lieu se trouvait déjà interdit en onction du dernier Carnaval et des travaux de requalification depuis janvier 2011, nous constatons que la population eut l’usufruit du lieu seulement pendant deux mois dans l’année. Le processus peut avoir suivi tous ses cours légaux, mais l’appel d’offres fut-il amplement divulgué, donnant des opportunités égales aux potentiels intéressés ? Une Audience Publique eut-elle lieu, qui expliqua à la population comment serait fait la cession de l’usage du lieu ? Étant dans la zone de la Marine, à qui reviendrait d’autoriser l’utilisation de la zone publique fédérale ? Le processus de privatisation passa-t-il par le Secrétariat du Patrimoine de l’Union fédérale ?
Ce que l’on constate encore une fois est que la population subit un préjudice et que la mairie de Salvador n’accomplit pas ses responsabilités. Depuis que le Carnaval s’est allongé vers les quartiers de Barra et d’Ondina, il s’élitise et abandonne le rôle d’être un carnaval de participation populaire pour devenir un objet de bénéfice et de spéculation par une partie du secteur privé. Dans un mélange de priatisation et de piraterie, nous pouvons dénominer le processus en cours de « privataria urbana ». Jusqu’à quand la société civile sera négligée au sujet de faits de cet ordre ? Quelle est la position de l’association des riverains de Ondina ? Et le Ministère Public Fédéral ? Une action judiciare ne trouverait-elle pa sa place, rendant objectif l’annulation le processus de cession de une zone noble et la reprise du bien public ? Rien contre la participation du secteur privé dans les investissements de l’infrastructure urbaine, comme y compris cela s’est déjà passé dans des gestions municipales passées, avec la privatisation du mobilier urbain de Salvador.
Ce que l’on attend est que la population puiss ête consultée et que leprocessus soit totalement transparent et juste pour les deux parties. C’est inadmissible que justement pendant l’été soit empêché le droit des habitants et des touristes d’avoir l’usufruit d’une des plus belles aires du littoral de la ville et que cette zone soit cédée pour plus de trois mois à une minorité, qui l’utilisera seulement une semaine. Comme s’il ne suffisait pas déjà l’omission de la mairie devant le processus en cours de la spéculation immobilière dans la ville, avec le manque de planification et d’ordonnancement de l’occupation des sols qui vient provoquer de sérieux contretemps pour la mobilité urbaine, nous constatons que le Carnaval de Salvador, jadis une référence comme fête de grande participation popuaire,vient se décaractériser graduellement avec la totale complaisance du pouvoir public municipal et l’omission de notre conseil municipal.
ondina225122011De cette manière, c’est très préoccupant de voir la manière dont le « Plan d’Occupation des Sols de la Coupe du Monde (PDDU da Copa) »  vient circuler dans les rangées du conseil municipal. Quel sont les réels intérêts derrière cette nouvelle proposition d’ordonnancement de l’usage des sols ?
Comme l’a déjà dit notre poète majeur: « la place est du peuple, comme le ciel est du condor »(*). Jusqu’à quand la société civile soteropolitana sera-t-elle négligée ? Jusqu’à quand assisterons-nous impassibles à une totale décaractérisation de notre belle ville de Salvador ?
Quelle sera la ville que nous laisserons pour les futures générations ?

(*) Castro Alves

Le titre de l’article est un jeu de mots qui renvoie au livre d’investigation Privataria Tucana qui fait l’actualité de ce mois au Brésil. Privataria est l’association de Privatização et de Pirataria quant Tucana fait référence à l’oiseau, le toucan, symbole du parti PSDB. Ici, remplacé par Urbana qui se traduit donc par urbaine.

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3 photos de la "plage" d'Ondina, prises par Bahiaflâneur, le 25/12/2011, vers 15h00

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